Economies et synergies au coeur du plan 2019 de Crédit agricole

le
3
CRÉDIT AGRICOLE COMPTE METTRE L'ACCENT SUR LES ECONOMIES ET LES SYNERGIES
CRÉDIT AGRICOLE COMPTE METTRE L'ACCENT SUR LES ECONOMIES ET LES SYNERGIES

par Julien Ponthus et Maya Nikolaeva

PARIS (Reuters) - Crédit agricole a présenté mercredi un plan à horizon 2019 qui doit lui permettre, en dépit de conditions macro-économiques difficiles, d'augmenter d'environ 20% ses profits grâce notamment à un plan d'économies et à une accélération des synergies au sein du groupe.

"Dans un univers où les taux d'intérêts sont bas et où la croissance est faible, il n'y a pas d'autres solutions que de maintenir les coûts à un niveau très bas", a expliqué lors d'une conférence de presse le directeur général délégué Xavier Musca.

Trois semaines après avoir annoncé une restructuration à 18 milliards d'euros de sa structure capitalistique, le groupe mutualiste espère, avec cette deuxième initiative, convaincre les marchés qu'il est dorénavant en ordre de marche avec une feuille de route stratégique crédible.

Crédit agricole et sa filiale cotée Casa ont pour objectif respectif d'atteindre 7,2 milliards et 4,2 milliards d'euros de résultats nets part du groupe en 2019, contre les 6,043 milliards et 3,516 milliards réalisés en 2015.

Pour la filiale cotée, la barre sera d'autant plus haute à franchir qu'elle ne pourra plus compter sur les profits issus de sa participation dans les caisses régionales, que ces dernières sont en train de racheter.

Cette transaction intragroupe doit en effet avoir un impact négatif de 470 millions d'euros sur le résultat net de Casa.

Pour compenser cette perte, la filiale cotée du groupe entend notamment dégager 900 millions d'euros d'économies annuelles à l'horizon 2019.

Optimisation des dépenses informatiques, regroupement des achats, simplification de l'organisation : de nombreux chantiers seront lancés mais aucune donnée sur l'impact de ce plan en terme d'emploi n'a été pour l'heure fournie.

Afin de satisfaire les attentes des investisseurs, Casa, dont le retour sur capitaux propres tangibles est fixé à plus de 10% pour 2019, promet un dividende régulier équivalent à 50% des profits et dorénavant payé 100% en cash à partir de 2016.

Pour accélérer la croissance des revenus, la filiale cotée de la banque mutualiste veut multiplier les synergies commerciales en vendant davantage ses produits d'épargne, d'assurance ou de services aux entreprises, aux clients des caisses régionales.

La banque d'investissement sera aussi mise à contribution via une réduction de la voilure en faveur d'activités peu gourmandes en capital et à même de générer plus de commissions.

Casa souhaite aussi réserver les crédits, devenus peu profitable en eux-mêmes, aux grandes entreprises qui utilisent aussi ses services dans des domaines à plus forte valeur ajoutée.

"PRUDENCE STRUCTURELLE"

Pour la direction de Crédit agricole, ce nouveau plan stratégique, concentré sur le coeur de métier de son modèle de "banque universelle de proximité" doit marquer une nouvelle étape de l'histoire récente du mutualiste.

Ce dernier s'était lancé dans les années 2000 dans une phase d'expansion et d'internationalisation à coup d'acquisitions pas toujours heureuses, notamment en Grèce, un cycle brutalement interrompu en 2008 par la crise financière.

Contraints durant les dernières années à réduire drastiquement le bilan et à sortir de différents métiers et zones géographique, les dirigeants estiment être revenus à l'ADN du mutualiste, notamment à une "prudence structurelle".

Cette dernière s'exprime notamment par l'objectif de renforcer la solvabilité financière en faisant passer le ratio core equity tier one du groupe de 13,7% en 2015 à 16% en 2019.

Concentré sur sa croissance organique sur les marchés français et italien, le crédit Agricole ne laisse la porte ouverte à des acquisitions que dans les seuls domaines de la gestion d'actifs et de la banque privée.

A l'inverse, le groupe pourrait se désengager de pays jugés non stratégiques dans lequel il lui reste des activités.

Crédit agricole compte néanmoins investir lourdement en interne avec un plan de 7,7 milliards d'euros, qui servira notamment à financer la digitalisation de la banque.

Une dernière étape reste encore à franchir pour achever la mue en cours : la réorganisation de l'organe central, actuellement logé au sein de Casa, dans une nouvelle structure de tête pour l'ensemble du groupe.

Le directeur général Philippe Brassac a précisé durant la conférence de presse organisée mardi soir que si le projet faisait toujours sens à terme, la priorité actuelle allait à la simplification capitalistique. Le groupe a néanmoins d'ores et déjà commencé à réorganiser sa gouvernance en regroupant trois organes sous une présidence unique.

Voir aussi :

Crédit agricole-Opération simplification pour calmer les marchés

(Julien Ponthus, édité par)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • DADA40 le mercredi 9 mar 2016 à 10:26

    Je note avec intérêt que le CA va réduire les encours des prêts car jugés peu profitables. Et le gouvernement qui s'évertue à demander aux banques de prêter plus! Il y a la réalité économique et les velléités politiques qui ne vont pas dans le même sens.

  • titresyl le mercredi 9 mar 2016 à 08:32

    le crédit agricole sera la première banque francaise à disparaitre ....... vous verrez

  • fquiroga le mercredi 9 mar 2016 à 08:02

    synergies.... doux euphemisme pour licenciements....