Économie et politique font rarement bon ménage

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Eric Bourguignon, directeur général délégué et directeur de la gestion taux et crédit de Swiss Life Asset Management (France). (© DR)
Eric Bourguignon, directeur général délégué et directeur de la gestion taux et crédit de Swiss Life Asset Management (France). (© DR)

La crise grecque nous rappelle de façon éclatante qu’on ne joue pas impunément avec les «lois» de l’économie. Construction éminemment politique, l’Union monétaire européenne, a fait fi de cette règle de base. Elle en paye aujourd’hui le prix.

Les conditions de réussite d’une union monétaire sont pourtant depuis longtemps bien connues. Elle doit regrouper des pays relativement homogènes sur le plan économique. Elle doit à défaut prévoir des mécanismes de redistribution des pays les plus performants vers les pays les moins compétitifs. La zone euro ne possédait dès l’origine aucune de ces « qualités ».

Les écarts de prix, de revenus, de coûts salariaux, de qualification et de productivité étaient tels que l’euro ne pouvait être qu’une « grande source de problèmes » comme l’avait prédit Milton Friedman, chef de file de la pensée monétariste, pourtant si souvent décrié. L’absence de mécanisme de transferts condamnait les pays à la traine à combler leur retard par une austérité salariale redoublée et un recours effréné aux licenciements.

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Maillon le plus faible de l’édifice, la Grèce a logiquement été le premier pays à lâcher prise quand les marchés, qui l’avaient complaisamment soutenue durant des années, ont brutalement cessé en 2010 de la financer. On

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