«Économie de l'information»: le budget des Français a doublé depuis 1960

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En cinquante ans la dépense des Français en équipements et en services d'information et de communication (téléviseurs, ordinateurs, abonnements téléphones mobiles, disques, édition...) n'a cessé de croître pour atteindre 6% du budget des ménages en 2012.

En un peu plus de cinquante ans, les dépenses des ménages français en «économie de l'information» ont presque doublé passant de 3,8% de leur budget en 1960, à 6,0% en 2012 annonce l'Insee dans une étude publiée ce mardi. Par économie de l'information, l'Institut de la porte de Vanves entend, d'une part, les biens (ordinateurs, lecteurs de CD et DVD, antennes, téléphones, téléviseurs, GPS, appareils photos...) et d'autre part les services d'édition (livres, presse, logiciels), d'audiovisuel (cinéma, programmes de télévision, vidéo, disques CD, téléchargement de musique...) et de télécommunications (abonnements téléphoniques, accès à Internet, chaînes TV payantes...)

C'est entre 2002 et 2007 que l'économie de l'information, portée par des innovations majeures et des prix toujours plus bas, a atteint son apogée pour atteindre en moyenne 7% du budget des ménages. Mais l'Insee constate que, depuis 2008, elle «tend à diminuer. Les dépenses continuent d'augmenter fortement en volume (+3,6% par an en moyenne)», mais cette «hausse n'est plus à la hauteur du recul des prix (-4,3% par an en moyenne de 2008 à 2012)».

Dépenses pré-engagées

L'an passé, ces dépenses, d'un montant total de 67 milliards d'euros (soit une moyenne de 2370 euros par ménage), correspondaient pour un tiers à l'achat de biens et d'équipements et pour les deux autres tiers à des services d'information et de communication. A noter que «la moitié de ces dépenses sont pré-engagées, c'est-à-dire prélevées sur le budget des ménages sous formes d'abonnements ou de redevances», soulignent les auteurs du rapport, Danielle Besson et Nathalie Morer, de la division Synthèse des biens et services de l'Insee.

Leur étude confirme ce que tout un chacun peut constater en faisant ses achats ou les comptes de son ménage: les prix des biens (notamment des téléviseurs), importés dans la grande majorité des cas, baissent de 12% en moyenne annuelle depuis 1997, bien plus vite que ceux des services (-1,3% par an entre 1997 et 2012). Sur l'ensemble de la période, les écarts sont encore plus tranchés: alors que les prix des biens et équipements ont chuté en moyenne de -4,4% par an depuis 1960, ceux des services ont crû de 3,5% en moyenne annuelle.

Innovations majeures

Ce différentiel de prix, couplé à l'arrivée d'innovations majeures (téléviseurs couleur puis à écrans plats, micro-ordinateurs, téléphones portables) s'est traduit par un développement des dépenses en volume des ménages en biens et équipements d'information (+13,3% de croissance annuelle depuis 1960) bien supérieur à celui des services (+4,8%).

Dans le domaine des services, ce sont surtout les télécommunications qui bénéficient d'une demande accrue, notamment entre 1997 et 2008 avec la vente d'abonnements de téléphonie mobile, SMS, ventes de sonnerie, navigation sur Internet, etc. Depuis, le marché ne croît plus que de 0,9% par an en volume, «avec notamment un net recul de la dépense en édition», note l'Insee. Cette dernière ne progresse en effet que de 1,2% par an en moyenne entre 1960 et 2012, portée exclusivement par les livres alors que la presse est stable quel que soit le format, papier ou électronique. Depuis 1997 et surtout 2008, «avec l'arrivée des journaux gratuits et la diffusion croissante de l'information sur Internet», la décroissance de la presse ne fait que s'accentuer, avec une dépense en repli de 4,9% par an en volume au cours des années 2008 à 2012.

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