Economie collaborative: un bilan environnemental nuancé (rapport)

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Le covoiturage peut faire économiser 3.000 euros par an pour un particulier qui renonce à posséder une voiture. (David Lefevre - BlaBlaCar)
Le covoiturage peut faire économiser 3.000 euros par an pour un particulier qui renonce à posséder une voiture. (David Lefevre - BlaBlaCar)

(AFP) - Partage de véhicules, vente d'objets d'occasion, ateliers de réparation... l'économie collaborative pourrait mieux contribuer au développement durable, pointe jeudi une étude, qui invite notamment les pouvoirs publics à s'en saisir.

Les plateformes collaboratives sont un réservoir de solutions environnementales et sociales. Mais elles apparaissent comme un grand "fourre-tout", aux motivations diverses, souligne ce rapport publié par l'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri), en collaboration avec plusieurs universités.

Le potentiel est grand: les biens que les ménages peuvent se revendre entre eux, ou se donner, représentent un quart de leur budget et un tiers de leurs déchets, soulignent les chercheurs. Pour autant, "l'impact environnemental réel de ces plateformes est à nuancer".

"Sur Le Bon Coin par exemple, les achats d'occasion ne se substituent clairement à l'achat de biens neufs que dans un tiers des cas, et on observe même des comportements d'achat compulsifs", constate Damien Demailly, coordonnateur de l'étude, qui a examiné plusieurs sites et nécessité plus de 150 entretiens.

Les échanges génèrent aussi des déplacements : la moitié des usagers du Bon Coin parcourent plus de 10 km pour récupérer un bien, la plupart du temps en voiture, relèvent les auteurs.

De leur côté, le covoiturage ou l'autopartage entre particuliers peuvent réduire l'impact environnemental et le coût des déplacements de courte distance: "L'économie annuelle peut aller de quelques centaines à plus de 3.000 euros par an pour un particulier qui renonce à posséder une voiture", dit Laura Brimont, chercheure à l'Iddri.

Mais les plateformes, notamment de covoiturage et d'autopartage entre particuliers, peinent à se développer sur la courte distance, en particulier dans les zones péri-urbaines et rurales.

C'est là que les pouvoirs publics, nationalement ou localement, peuvent intervenir, pour "accompagner ces nouvelles solutions" et "organiser leur complémentarité avec les autres opérateurs des secteurs concernés" (transports, déchets, réemploi de biens...).

"Une stratégie publique reste à inventer", prône le rapport: clarification du cadre réglementaire et fiscal, communication auprès du public, expérimentations, partenariats, financement de plateformes dans le cadre de partenariats public-privé, etc.

"L'économie collaborative représente un réservoir d'innovations dans lequel les pouvoirs publics peuvent puiser pour renouveler leurs services", dit M. Demailly, comme le fait par exemple la métropole de Séoul, qui a lancé en 2012 une stratégie visant à associer ces nouveaux acteurs dans toute une série de politiques publiques.

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