ECLAIRAGE-Nice-Les professionnels du tourisme retiennent leur souffle

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    * De 20 à 30% d'annulations dans les premiers jours après 
Nice 
    * Les professionnels du tourisme se veulent rassurants 
    * Un impact potentiel de 30% sur le tourisme en France 
 
    par Matthias Galante 
    NICE, 26 juillet (Reuters) - Après l'attentat qui a fait 84 
morts à Nice le 14 juillet dernier, les professionnels du 
tourisme redoutent que les visiteurs boudent la Côte d'Azur, 
deuxième destination française derrière Paris avec près de 20 
millions de personnes par an. 
    Sur la Baie des Anges de Nice, plus d'une semaine après 
l'attentat, les estivants sont pourtant là mais moins nombreux 
que d'ordinaire, assure Nicolas Fratini, propriétaire d'un  
restaurant situé à quelques mètres du passage du camion fou.  
    "La saison était très bien partie en juin, mais là on fait 
moins 40 à moins 50%", estime-t-il.  
    Philippe Desjardin, le patron de la Fédération des petits 
commerces et artisans niçois, est inquiet : "Les soldes sont 
stoppés en plein vol, le chiffre d'affaires baisse de 20 à 40%". 
    Dans les hôtels, baromètre de la bonne ou mauvaise santé 
touristique d'une région, on est aussi dans l'expectative, sans 
verser officiellement dans le catastrophisme.  
    "J'ai eu beaucoup d'annulations dès le lendemain dans mon 
établissement mais c'était lié à celle du concert de Rihanna au 
stade Allianz Riviera juste en face", explique Denis Cippolini, 
président du syndicat qui fédère 200 hôtels dans la métropole 
Nice Côte-d'Azur et plusieurs milliers de salariés. 
    Le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, s'est lui aussi 
voulu rassurant lundi, lors d'une visite à Nice. 
    "Il y a eu 20 à 30% d'annulations dans les premiers jours. A 
ce jour, pas de quoi être alarmiste, les fréquentations se 
tiennent", a-t-il expliqué à la presse.  
     
    "POSITIVER" 
    "Positiver" : le mot revient régulièrement dans les propos 
officiels, à l'image de la "Cellule de crise tourisme Côte 
d'Azur" du Comité régional du tourisme lancée mardi avec des 
missions de propositions d'actions de soutien aux professionnels 
et de "communication positive" pour rassurer les touristes. 
    C'est dans les mois à venir que les difficultés pourraient 
être plus importantes. Inquiet sur l'attractivité à moyen terme, 
Christian Estrosi, président de la métropole et de la région 
Paca, estime qu'il "faut préparer la basse saison dès 
aujourd'hui pour éviter des retombées négatives dans le temps".  
    "On peut imaginer qu'il y aura une perte de chiffre 
d'affaires cet été qui mérite d'être compensée ou accompagnée 
mais elle ne vous fera pas mettre la clef sous la porte", a-t-il 
lancé aux professionnels réunis récemment à l'hôtel de ville. 
    Un fond exceptionnel sera débloqué à destination des 
entreprises qui auront subi des pertes de chiffre d'affaires 
liées à l'attentat, indique la métropole Nice Côte d'Azur.  
    Mais l'avenir est pour le moins incertain. 
    "On s'interroge évidemment sur la suite, tout le monde a en 
tête la baisse de 30/35% entre novembre et mai constatée à Paris 
après l'attentat du Bataclan", reconnaît Hervé Becam, 
vice-président de l'Union des métiers et des industries de 
l'hôtellerie (Umih). "Ce qui me rassure c'est que pour 
l'instant, personne ne réduit son personnel." 
    Les conséquences de l'attentat de Nice ne concernent pas 
seulement le Sud-Est de la France.  
    La société de consulting en tourisme MKG estime qu'une 
diminution du nombre de visiteurs de 30% pour l'ensemble du pays 
est envisageable dans les prochains mois en raison du sentiment 
d'insécurité, malgré un Euro 2016 réussi de ce point de vue, 
explique son directeur Vanguelis Panayotis. 
     
    UN IMPACT POUR TOUTE LA FRANCE ? 
    Les attentats de novembre à Paris ont eu un impact estimé à 
270 millions d'euros sur le chiffre d'affaire des hôtels 
français, selon les estimations de MKG Hospitality.  
    Pour faire face aux difficultés économiques potentielles sur 
le littoral méditerranéen, plusieurs mesures d'urgence ont été 
confirmées lors de la visite à Nice d'Emmanuel Macron.  
    "Tous les restaurateurs, hôteliers, commerçants, artisans 
pourront appeler un numéro unique", a-t-il annoncé. "S'ils sont 
éligibles ils pourront, par exemple, obtenir des reports de 
cotisations sociales et d'échéances fiscales". 
     La Banque publique d'investissement (BPI) pourra déclencher 
des mécanismes facilitant la trésorerie et accordera des reports 
des remboursements, a également souligné Emmanuel Macron. 
    Afin de rassurer la clientèle internationale, Matthias Fekl, 
secrétaire d'Etat chargé de la promotion du Tourisme, a expliqué 
lundi que le réseau diplomatique mondial de la France était 
mobilisé pour "porter l'image" de la Côte d'Azur par le biais 
d'une "grande campagne de promotion à l'international". 
    Les enjeux d'une crise du tourisme sont d'autant plus 
stratégiques que le secteur a représenté 7,4% du PIB français en 
2014, selon la Direction générale des entreprises.  
    La fréquentation des hébergements collectifs a progressé de 
2% en 2015 en France métropolitaine grâce au retour de la 
clientèle française, en hausse de 3,1% après trois années 
consécutives de baisse, d'après les données publiées en avril 
dernier par l'Insee. Mais le nombre de nuitées étrangères, en 
progression sur les trois premiers trimestres, avait fini 
l'année en baisse (-0,3%) après une fin 2015 pénalisée par les 
attentats islamistes meurtriers du 13 novembre à Paris et 
Saint-Denis. Bien avant d'autres attentats dont celui de Nice. 
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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