ECLAIRAGE-Le tueur de Nice, entre psychopathe et "born again"

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    * Pas de liens établis avec l'Etat islamique 
    * Un psychopathe ou un converti à l'islam radical? 
    * Les personnes fragiles, plus propices à cette 
"radicalisation" 
 
    par Chine Labbé 
    PARIS, 19 juillet (Reuters) - Radical violent qui a sublimé 
son suicide en surfant sur la vague djihadiste ou converti de la 
dernière heure à l'islam radical version "martyriste" : le 
profil du tueur de Nice divise les experts de la mouvance 
islamiste. 
    Mohamed Lahouaiej Bouhlel avait un intérêt "certain" et, 
semble-t-il, "récent" pour l'islam radical, selon le procureur 
de Paris. Mais l'enquête n'a pas révélé à ce stade d'allégeance 
de sa part à l'Etat islamique, ni de liens avec des personnes se 
réclamant de l'organisation djihadiste.  ID:nL8N1A44FN  
    "Il y a un ingrédient essentiel de la radicalisation qui 
manque, à savoir l'idéologie", estime Farhad Khosrokhavar, 
directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences 
sociales (EHESS). "La radicalisation, c'est la conjonction d'une 
action violente et d'une idéologie extrémiste." 
    Le sociologue, qui préfère parler de "radicalisation par 
mimétisme", compare le crime de Mohamed Lahouaiej Bouhlel à 
celui d'Andreas Lubitz, pilote de la compagnie Germanwings qui, 
en mars 2015, a précipité l'Airbus qu'il pilotait contre un 
massif des Alpes françaises, tuant 149 personnes. 
    Andreas Lubitz souffrait de troubles psychotiques.  
    De même, des membres de la famille de Mohamed Lahouaiej 
Bouhlel, ainsi que son ancien psychiatre, ont fait état de 
problèmes psychologiques et comportementaux le concernant.   
    "Il y a 10 ans, il se serait suicidé, il aurait fait 
violence à sa famille", juge Farhad Khosrokhavar, qui évoque un 
"phénomène psychopathologique".  
     
    CONVERSION COMME LES "BORN AGAIN" 
    Et de souligner que le Tunisien de 31 ans était très éloigné 
des considérations religieuses, s'adonnant à "tout ce qui est 
interdit par l'islam". Le chauffeur-livreur mangeait du porc, 
buvait de l'alcool, consommait de la drogue, et avait une vie 
sexuelle "débridée", selon les premiers éléments de l'enquête.  
    Mais plusieurs analystes rejettent l'idée d'un "prétexte" 
islamiste pour cette attaque qui a fait 84 morts.  
    Dans les jours et semaines précédant son crime, Mohamed 
Lahouaiej Bouhlel s'est laissé pousser la barbe, invoquant des 
raisons religieuses, a vendu sa voiture, et vidé son compte en 
banque, rappelle Mathieu Guidère, spécialiste des mouvements 
islamistes radicaux. "C'est vraiment le signe d'une idéologie 
martyriste", dit-il.  
    Sa "conversion", terme plus appropriée que celui de 
"radicalisation", est à rapprocher, dit-il, du phénomène des 
"born again" évangéliques.  
    "Les 'born again' sont des gens qui, d'un coup, redécouvrent 
la religion et se convertissent à un mouvement extrêmement 
radical", souligne le professeur.  
    Mohamed Lahouaiej Bouhlel a suivi à la lettre les ordres de 
l'Etat islamique, qui a appelé à tuer "le mécréant" par tous les 
moyens, notamment en l'écrasant avec une voiture, note par 
ailleurs François-Bernard Huygue, directeur de recherche à 
l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris).  
     
    "KIT IDÉOLOGIQUE" 
    En outre, de nombreux djihadistes avaient, comme lui, un 
passé très peu en phase avec le religieux, souligne-t-il. "C'est 
peut-être parce qu'il se sent très pécheur qu'il a décidé de 
redonner un sens à sa vie, ou plus exactement à sa mort." 
    L'idéologie islamiste était-elle déterminante ou était-elle 
un alibi dans la course meurtrière d'un individu fasciné par la 
violence ? La réponse est sans doute à trouver dans un 
entre-deux, d'après plusieurs experts. "Daech fournit à des 
individus déséquilibrés un kit idéologique donnant sens à leurs 
actes", déclarait dès dimanche Manuel Valls.  
    "La radicalisation peut intervenir d'autant plus rapidement 
quand elle s'adresse à des personnalités perturbées ou à des 
individus fascinés par l'ultra-violence", soulignait quant à lui 
lundi le procureur de Paris, François Molins.  
    Brigitte Juy, psychanalyste qui intervient auprès de jeunes 
radicalisés dans le sud de la France, semble d'ailleurs ne pas 
avoir été surprise par les premières révélations sur la vie du 
tueur. "C'est un profil que l'on peut rencontrer", dit-elle. "A 
un moment donné, il y a une conjonction de facteurs, y compris 
dans la vie personnelle, qui font que la bascule est possible." 
    Mohamed Lahouaiej Bouhlel présente certaines des 
caractéristiques classiques des combattants étrangers dans les 
rangs de Daech. Un sur quatre a des antécédents judiciaires - le 
tueur de Nice a été condamné pour violences -, et quelque 20% 
ont des problèmes psychiatriques, selon une récente étude 
d'Europol.  
    "Il est très possible qu'on voie de plus en plus de profils 
de ce genre", prévient François-Bernard Huyghe. "Vous aurez un 
effet d'imitation." 
 
 (avec Richard Lough à Nice, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • mlaure13 il y a 5 mois

    Ah ah ah ah...m d R...:-(((