ECLAIRAGE-Le bond du chômage place Hollande en position périlleuse

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    PARIS, 26 septembre (Reuters) - Le bond du nombre de 
demandeurs d'emploi en août fragilise la possible candidature à 
l'élection présidentielle de François Hollande, qui a fait de la 
baisse du chômage une condition pour se présenter, tout en 
galvanisant les candidats de droite. 
    Distancé dans tous les sondages, le chef de l'Etat s'est 
donné jusqu'à décembre pour annoncer sa décision mais il a 
envoyé des signaux clairs de sa volonté d'être candidat. 
  
    Après l'annonce lundi de la plus forte hausse du nombre de 
chômeurs depuis trois ans, le ministère du Travail a souligné 
l'impact des attentats et une tendance qui "demeure favorable", 
avec 24.000 demandeurs de moins depuis le début de l'année. 
    Les proches de François Hollande soulignent en outre que le 
taux de chômage a reculé de 0,3 point au deuxième trimestre, à 
9,9%. A 9,6% pour la seule France métropolitaine, ce taux est 
son niveau le plus bas depuis l'automne 2012.   
    Mais le nombre de demandeurs d'emploi, publié chaque mois, 
est l'indicateur le plus commenté par les responsables 
politiques et celui qui devrait refléter, ou non, le souhait 
d'inverser la "courbe du chômage" exprimé par François Hollande. 
    Prié de dire si ces chiffres sonnaient le glas de la 
candidature de François Hollande, le secrétaire d'Etat chargé 
des Relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen a répondu 
sur BFM TV : "Je ne crois pas qu'on puisse décider d'une 
candidature à l'élection présidentielle sur ce seul critère". 
    Il a dans le même temps reconnu que "dans l'état actuel des 
choses", l'objectif de baisse du chômage n'était pas atteint. 
     
    LA DROITE ATTAQUE 
    Un échec - dans un contexte de baisse de l'euro face au 
dollar, de recul des prix du pétrole et de taux d'intérêt au 
plus bas - résumé par le président de l'institut d'études 
économiques COE-Rexecode, Michel Didier : "Aucun gouvernement 
dans le passé n'a eu un coup de bol aussi extraordinaire que 
tous ces facteurs favorables accumulés en même temps (...) et le 
résultat, c'est 1,3% de croissance" en 2016.   
    Dès la publication des chiffres du mois d'août, les 
candidats à la primaire de droite ont attaqué le chef de l'Etat. 
    Favori des sondages, Alain Juppé y a vu les "résultats 
désastreux qui signent l'échec total du gouvernement et de 
François Hollande". "Il faut un changement radical de politique 
économique", a-t-il ajouté sur son compte Twitter. 
    Nicolas Sarkozy a fustigé devant des journalistes "une 
politique économique en dépit du bon sens", marquée par la 
hausse des impôts et l'augmentation du nombre de fonctionnaires. 
    Face à une économie française "dans une situation d'urgence 
absolue", le changement de politique est "la seule alternative 
possible", a ajouté l'ancien chef de l'Etat. 
    L'ancien Premier ministre François Fillon, lui aussi 
candidat à la primaire, a jugé dans un communiqué que 
"l'explosion du chômage au mois d'août vient terrasser tous les 
pronostics du président de la République et de son 
gouvernement". 
    L'Unedic, gestionnaire de l'assurance chômage, avait 
pourtant mis du baume au coeur des soutiens de François Hollande 
la semaine dernière, en annonçant prévoir une baisse de 124.000 
du nombre de demandeurs d'emploi en catégorie A cette année. 
  
 
 (Jean-Baptiste Vey, avec Myriam Rivet, édité par Yves Clarisse) 
 
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