ECLAIRAGE-La bataille du Sénat US pourrait durer au-delà du 4/11

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par Gabriel Debenedetti et Susan Cornwell WASHINGTON, 30 octobre (Reuters) - Enjeu principal des élections de mi-mandat mardi prochain aux Etats-Unis, le Sénat pourrait repasser dans le camp républicain mais il n'est pas certain que les jeux seront faits au soir même des "midterms". En Louisiane et en Géorgie, un second tour sera peut-être nécessaire. Dans le Kansas et dans le Dakota du Sud, deux candidats indépendants ont le vent en poupe. Or ces quatre Etats sont considérés comme cruciaux dans l'entreprise de reconquête du Sénat par le Parti républicain, qui devrait par ailleurs conserver sa majorité à la Chambre des représentants. Au total, les électeurs américains sont appelés à renouveler le 4 novembre les 435 sièges de la Chambre des représentants et 36 des 100 sièges du Sénat. Sur ces 36 sièges, 21 sont actuellement détenus par le Parti démocrate, 15 par le Parti républicain. Trente-six postes de gouverneurs sont également en jeu, ainsi que plusieurs municipalités. S'y ajouteront dans certains Etats des consultations d'initiative populaire sur la légalisation de la marijuana, la question de l'avortement, le salaire minimum ou le contrôle des armes à feu. Le Sénat sortant compte 53 démocrates, deux indépendants qui les soutiennent et 45 républicains. Pour réussir son pari, le Grand Old Party doit donc enregistrer un gain net d'au moins six sièges, un objectif à sa portée, selon les sondeurs, qui mettent notamment en avant le handicap que représente l'impopularité de Barack Obama pour les candidats démocrates. Le président, au milieu de son second et dernier mandat à la Maison blanche, a d'ailleurs limité sa participation à la campagne à des collectes de fonds et quelques déplacements. Et les postulants démocrates ne réclament guère sa présence sur le terrain. (voir ID:nL5N0SN4KV ) "Les républicains sont en bonne voie pour s'emparer de quatre à sept sièges, le plus probable étant que le chiffre final soit plus près, voire supérieur, au haut de la fourchette", estime le site indépendant d'analyse politique Cook Political Report. Le scrutin devrait se jouer dans une dizaine d'Etats indécis, parmi lesquels figurent l'Alaska, où le sénateur démocrate Mark Begich est en difficulté, l'Arkansas, où le républicain Tom Cotton, un ancien combattant de la guerre d'Irak, mène la vie dure au démocrate Mark Pryor, et le New Hampshire, ou la sortante démocrate Jeanne Shaheen, élue en 2008 en surfant sur la vague Obama, est sous la menace de Scott Brown. TRIANGULAIRES En Louisiane, une "triangulaire" entre la sénatrice démocrate Mary Landrieu et ses deux rivaux républicains, le candidat "officiel" Bill Cassidy et Rob Maness, porté par le mouvement conservateur du Tea Party, risque de provoquer un second tour, le 6 décembre, si nul n'obtient la majorité absolue mardi soir. Le cas de figure est assez proche en Géorgie, où la démocrate Michelle Nunn espère battre le républicain David Perdue. Mais la présence d'une candidate libertarienne, Amanda Swafford, créditée en moyenne des sondages de 3,7% des intentions de vote, pourrait là encore rendre nécessaire un second tour, le 6 janvier. A ces incertitudes s'ajoutent les cas du Kansas et du Dakota du Sud, où deux candidats indépendants, Greg Orman et Larry Pressler, troublent l'affrontement classique entre démocrates et républicains. Si les jeux sont serrés et si des candidats indépendants se font élire, les pressions qu'exerceront alors sur eux les états-majors des partis seront très fortes. Il n'est pas exclu que des changements d'allégeance se produisent. En 2001, le républicain Jim Jeffords, élu du Vermont, avait quitté son parti pour siéger en indépendant et soutenir les démocrates. Cette année, le sénateur indépendant Angus King, élu en 2012 dans le Maine et allié des démocrates, a annoncé qu'il pourrait soutenir le camp républicain après les élections s'il considère qu'il en va de l'intérêt de son Etat. "Le fait est que nous pourrions ne pas savoir le 4 novembre au soir qui contrôlera le Sénat", note Jim Manley, ancien assistant parlementaire d'Harry Reid, le chef de file de la majorité démocrate au Sénat "Il faudra peut-être attendre un mois ou plus pour y voir clair", ajoute-t-il. Dans l'éventualité d'une égalité parfaite entre sénateurs démocrates et républicains, la voix du vice-président, le démocrate Joe Biden, ferait la différence. (Henri-Pierre André pour le service français, édité par Marc Angrand)

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