Echec interdit pour Hollande sur le climat

le , mis à jour à 14:29
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* Un rendez-vous à risque pour Hollande * Des enjeux planétaires, 20.000 à 40.000 personnes attendues * Une meilleure configuration qu'à Copenhague en 2009 * Mais la France contrainte de limiter ses ambitions par Emmanuel Jarry PARIS, 13 mai (Reuters) - La préparation de la conférence de Paris sur le climat (COP21) s'accélère, à six mois d'un rendez-vous aux résultats incertains mais lourd de conséquences pour la planète, sur lequel François Hollande joue en partie sa crédibilité internationale. Les représentants de 195 pays tenteront du 30 novembre au 11 décembre de conclure un accord politique sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) pour limiter à 2°C le réchauffement climatique par rapport à l'ère pré-industrielle. Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, sera vendredi et samedi en Chine, considérée par Paris comme un partenaire clef pour réussir la COP21. ID:nL5N0Y355Z Le chef de l'Etat était samedi au sommet climat des Caraïbes ( ID:nL5N0Y10BK ) et sera mardi à Berlin pour la sixième édition du Dialogue de Petersberg lancé par la chancelière Angela Merkel pour faire avancer les discussions sur le réchauffement. C'est aussi en Allemagne, à Bonn, que se déroulera début juin une phase clef des négociations sur le projet d'accord de Paris à partir d'une ébauche attendue au plus tard fin mai. Les 195 pays ont par ailleurs jusqu'au 1er octobre pour mettre sur la table leurs propositions de contribution nationale aux réductions d'émission de GES pour la période 2020-2030. A ce jour, 36 l'ont fait, dont ceux de l'Union européenne, les Etats-Unis, la Russie, soit environ un tiers des émissions. Pour Pierre Radanne, membre du comité de pilotage de la COP21, la remise de ces plans d'action sera le critère N°1 du succès de la conférence : "Si tous les pays rendent une copie, ce sera quelque chose d'inédit dans l'histoire humaine." 2°C OU LA CATASTROPHE Le protocole de Kyoto, jamais ratifié par les Etats-Unis, avait fixé en 1997 aux seuls pays développés des objectifs de réduction pour 2008-2012, renouvelés pour 2013-2020. Cela n'a pas suffi à enrayer le réchauffement et des signataires comme le Japon, la Russie ou le Canada se sont même désengagés. L'ambition du cycle actuel de négociations est d'intégrer tous les pays, des plus développés aux plus pauvres, dans cet effort. En cas de succès, ce sera le premier accord universel sur une question engageant l'avenir de l'humanité. "Le changement climatique est tel qu'on pense ne plus pouvoir boucler le bilan alimentaire de l'humanité en 2050 si on dépasse 2°C", résume Pierre Radanne, spécialiste du sujet. Les dérèglements dus à un réchauffement évalué par le GIEC à 0,85°C entre 1880 et 2012 se font déjà sentir : sécheresses et canicules à répétition ou inondations cataclysmiques, tornades et montée des océans, avec leurs cortèges d'exilés climatiques -- au moins 20 millions en 2014. ID:nL5N0XV29H Au-delà de 2°C, le monde risque d'entrer dans une ère de conflits d'origine climatique, estiment les experts, pour qui la situation serait en outre pratiquement irrattrapable. Or, selon le GIEC, la trajectoire actuelle conduit plutôt à +4° ou +5° à la fin de ce siècle, si rien n'est fait rapidement. Pour le climatologue Jean Jouzel, du GIEC, il est même impératif d'agir sans attendre 2020, faute de quoi "il sera trop tard". "Nous sommes sans doute la dernière génération à pouvoir changer ce phénomène", souligne Jean-Pascal Tricoire, PDG de Schneider Electric SCHN.PA et coprésident du Business Climate Summit, qui réunira un millier de représentants d'entreprises les 20 et 21 mai, venus à Paris proposer leurs solutions. OBSTACLES C'est l'une des multiples initiatives de la société civile sur lesquelles le gouvernement français compte pour accompagner et compléter les engagements des Etats et qui témoignent d'une évolution des esprits plutôt favorable, depuis Copenhague. "Je pense que les entreprises commencent à comprendre que le réchauffement est inéluctable et qu'elles vont devoir intégrer cette dimension dans leur stratégie", souligne Jean Jouzel. Certaines le font à contrecoeur et près de la moitié des 500 principaux fonds d'investissement mondiaux privilégient encore massivement l'économie carbonée, selon l'organisme "Asset Owners Disclosure Project". Mais d'autres voient dans la lutte anti-réchauffement une chance. ID:nL5N0Y43IA La conclusion fin 2014 par les Etats-Unis et la Chine, les deux plus gros émetteurs de GES, d'un accord sur la réduction de leurs émissions, semble aussi augurer d'un nouvel état d'esprit. Mais le Congrès américain reste opposé à l'objectif affiché par Paris d'un accord général juridiquement contraignant, tandis que la crise ukrainienne risque de peser sur l'attitude russe. Les grandes entreprises et nombre d'économistes plaident pour un accord sur la mise en place d'un marché du carbone qui incite à la réduction des émissions de GES. "Inclure cette question dans les négociations finales de l'accord de Paris n'est pas acquis", déclare cependant Laurent Fabius dans une interview à L'Usine Nouvelle, tout en espérant que la COP21 aura un "effet d'entraînement" sur ce sujet. Quant à l'objectif affiché depuis Copenhague d'un financement de 100 milliards de dollars par an pour aider les pays pauvres, il dépend d'un partage fonds publics-fonds privés, lui-même lié au contenu des plans d'action nationaux. La principale question en suspens est au demeurant de savoir si la somme de ces plans suffira à garantir que le réchauffement ne franchira pas le seuil de 2°C d'ici la fin du siècle. A ce stade, les experts en doutent. Le délai entre la date limite de remise des contributions et la COP21 ne permet pas cette évaluation, renvoyée à la conférence de Marrakech en 2016. "Plus j'avance dans la préparation (...) plus je regarde les obstacles", disait François Hollande fin avril. ID:nL5N0Y43NM (Avec Marc Joanny, John Irish, Marine Pennetier et Benjamin Mallet)


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  • M940878 le mercredi 13 mai 2015 à 14:36

    le pingouin est l'homme de tous les échecs , alors un de plus ou de moins !