Echec des discussions entre l'AKP et les nationalistes turcs

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ANKARA, 17 août (Reuters) - Le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, a annoncé lundi l'échec des discussions engagées avec les nationalistes du MHP en vue de former un gouvernement de coalition. Il a ajouté qu'il allait à présent consulter le président Recep Tayyip Erdogan et les responsables de sa formation, le Parti de la justice et du développement (AKP), pour déterminer la marche à suivre. "La situation présente ne s'oriente pas vers la possibilité d'une coalition", a-t-il déclaré à l'issue d'un entretien de deux heures et demie avec le président du Parti du mouvement national (MHP), Devlet Bahceli. "Il n'a pas été possible de concrétiser une seule des options que j'avais en tête lors de cette rencontre avec Bahceli", a-t-il poursuivi lors d'une conférence de presse, ajoutant que le dirigeant nationaliste avait également écarté l'idée d'un gouvernement minoritaire AKP que sa formation aurait pu soutenir au cas par cas. L'échec des discussions avec le MHP, après le refus du Parti républicain du peuple (CHP, principale formation de l'opposition) de participer à une coalition avec l'AKP, renforce l'hypothèse d'un retour anticipé aux urnes cet automne. Le CHP a toutefois estimé que le président Erdogan devait à présent lui confier la tâche de tenter de former un gouvernement. "Nous croyons que le Premier ministre Ahmet Davutoglu va démontrer son respect de la légitimité démocratique et de la volonté nationale en rendant son mandat au président. Et nous nous attendons à ce que le président confie ce mandat à notre dirigeant Kemal Kilicdaroglu", a réagi Haluk Koc, porte-parole du parti laïque. L'AKP a perdu sa majorité absolue lors des législatives du 7 juin, n'enregistrant que 40,9% des voix, son pire score électoral en plus de dix ans. Son échec s'explique principalement par la percée du Parti démocratique des peuples (HDP), formation historiquement pro-Kurde mais dont l'ouverture à d'autres minorités lui a permis de franchir pour la première fois le seuil des 10% nécessaire pour être représenté au Parlement. (Ercan Gurses et Orhan Coskun; Henri-Pierre André pour le service français)

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