Ebola-Seize personnes en observation en Espagne

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MADRID, 11 octobre (Reuters) - Seize personnes susceptibles d'être porteuses du virus de la fièvre Ebola étaient en observation samedi en Espagne, cinq jours après l'apparition d'un premier cas de contamination locale à l'origine d'une polémique que le gouvernement s'efforce de désamorcer. Teresa Romero, une infirmière de 44 ans, a contracté la maladie fin septembre alors qu'elle soignait deux prêtres espagnols contaminés en Sierra Leone et au Liberia, qui sont par la suite décédés. Il s'agit du premier cas de contamination hors d'un pays d'Afrique de l'Ouest et du seul confirmé en Espagne. Une coiffeuse, une autre infirmière et une femme de ménage ayant été en contact avec Teresa Romero ont été placées vendredi soir en observation et à l'isolement dans une unité spéciale de l'hôpital Carlos III à Madrid, ce qui porte à 16 le nombre de personnes surveillées. Aucune n'a pour le moment présenté de symptômes. Parmi elles figure l'époux de Teresa Romero. Le gouvernement de Mariano Rajoy, mis en cause pour sa gestion de l'affaire, a tenté d'apaiser les esprits en annonçant vendredi la mise sur pied d'une cellule de crise dirigée par la vice-présidente du gouvernement, Soraya Saenz de Santamaria. Les pouvoirs publics ont dans un premier temps imputé la responsabilité de la contamination à l'infirmière elle-même, qui aurait fait preuve de "négligence" en soignant le prêtre rapatrié de Sierra Leone. Teresa Romero a reconnu qu'elle s'était peut-être touchée le visage avec un de ses gants de protection. Des membres du personnel soignant ont hué Mariano Rajoy vendredi lorsqu'il s'est rendu à l'hôpital Carlos III et ont bombardé sa voiture de gants chirurgicaux. Leurs syndicats et une partie de l'opinion s'interrogent sur la lenteur de la réaction du gouvernement, plusieurs jours s'étant écoulés entre le moment ou Teresa Romero a dit souffrir de fièvres et la diagnostic de la maladie. "La mauvaise gestion de cette crise par les responsables politiques est propice à la panique", souligne samedi l'éditorialiste d'El Mundo, évoquant le cas d'un enfant qui s'est vu refuser l'accès à son école parce que sa mère travaille dans le même hôpital que Teresa Romero. Parmi les seize personnes en observation figurent trois coiffeuses d'un salon ou l'infirmière s'était rendue avant le diagnostic, cinq médecins, un brancardier et quatre autres infirmières, dont l'une s'est également occupée des prêtres. (Sarah White, Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par Gilles Trequesser)

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