Ebola: Quinze personnes en observation en Espagne

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(Actualisé avec sortie d'observation d'une infirmière, manifestation) par Sarah White MADRID, 12 octobre (Reuters) - L'infirmière espagnole contaminée par le virus Ebola est consciente et se tient assise sans aide, ont rapporté samedi les autorités sanitaires espagnoles, qui ont maintenu quinze personnes en observation. Cinq jours après le diagnostic du premier cas de contamination locale, à l'origine d'une polémique que le gouvernement s'efforce de désamorcer, Teresa Romero, une infirmière de 44 ans, est cependant toujours dans un état jugé grave. "L'état de santé de Teresa Romero n'a pas connu d'évolution significative et reste sérieux mais stable", a annoncé samedi après-midi la cellule de crise mise en place par le gouvernement. Des images de Reuters prises samedi la montrent assise dans sa chambre d'hôpital, bien droite, un masque à oxygène sur le visage, parlant au personnel médical qui s'occupe d'elle. La soignante a contracté la maladie fin septembre alors qu'elle soignait deux prêtres espagnols contaminés au Liberia et en Sierra Leone et qui sont par la suite décédés à Madrid, l'un début août, l'autre le 25 septembre. Il s'agit du premier cas de contamination hors d'un pays d'Afrique de l'Ouest et du seul confirmé en Espagne. La maladie a fait plus de 4.000 morts depuis mars, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). L'Espagne dispose d'un traitement expérimental, le ZMab, sans que l'on sache si l'infirmière, à qui ont par ailleurs été administrés des anticorps développés par des patients malades, en bénéficie. Une coiffeuse, une infirmière et une femme de ménage ayant été en contact avec Teresa Romero ont été placées vendredi soir en observation et à l'isolement dans une unité spéciale de l'hôpital Carlos III à Madrid. Une autre infirmière qui avait soigné les deux prêtres a pu en revanche quitter l'hôpital samedi soir. Quinze personnes se trouvent donc en observation, dont le mari de Teresa Romero. Aucune n'a pour le moment présenté de symptômes de la maladie. MARIANO RAJOY CONSPUÉ Le gouvernement de Mariano Rajoy, mis en cause pour sa gestion de l'affaire, a tenté d'apaiser les esprits en annonçant vendredi la mise sur pied d'une cellule de crise dirigée par la vice-présidente du gouvernement, Soraya Saenz de Santamaria. Les pouvoirs publics ont dans un premier temps imputé la responsabilité de la contamination à l'infirmière elle-même, qui aurait fait preuve de "négligence" en soignant le prêtre rapatrié de Sierra Leone. Teresa Romero a reconnu qu'elle s'était peut-être touché le visage avec un de ses gants de protection. Des membres du personnel soignant ont hué Mariano Rajoy vendredi lorsqu'il s'est rendu à l'hôpital Carlos III et ont bombardé sa voiture de gants chirurgicaux. Leurs syndicats et une partie de l'opinion s'interrogent sur la lenteur de la réaction du gouvernement, plusieurs jours s'étant écoulés entre le moment où Teresa Romero a dit souffrir de fièvres et le diagnostic de la maladie. "La mauvaise gestion de cette crise par les responsables politiques est propice à la panique", soulignait samedi l'éditorialiste d'El Mundo, évoquant le cas d'un enfant qui s'est vu refuser l'accès à son école parce que sa mère travaille dans le même hôpital que Teresa Romero. Une manifestation s'est déroulée samedi soir dans le centre de Madrid où plusieurs centaine de personnes ont réclamé la démission de la ministre de la Santé, Ana Mato. Parmi les quinze personnes encore en observation figurent trois coiffeuses d'un salon où l'infirmière s'était rendue avant le diagnostic, cinq médecins, un brancardier et trois autres infirmières. (Jean-Philippe Lefief et Guy Kerivel pour le service français, édité par Henri-Pierre André)

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