Ebola-Polémique aux Etats-Unis sur la gestion des premiers cas

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(Mastic titre) par Terry Wade DALLAS, 16 octobre (Reuters) - Les membres d'une commission parlementaire américaine se sont indignés jeudi de l'action des pouvoirs publics face aux premiers cas de fièvre Ebola apparus aux Etats-Unis. Le Dr Daniel Varga, vice-président des Ressources sanitaires du Texas, qui était entendu par cette commission, a reconnu que des erreurs avaient été commises après l'admission à Dallas du patient libérien qui a succombé le 8 octobre à la maladie et s'est dit "profondément désolé". Il a en outre indiqué que le personnel soignant n'avait reçu aucune formation spécifique pour faire face à la maladie avant l'apparition de ce premier cas. Le Texas Health Presbyterian Hospital de Dallas où le malade est mort la semaine dernière dépend des Ressources sanitaires du Texas qui gère les centres de soins du nord de l'Etat. Les parlementaires ont également entendu le Dr Thomas Frieden, directeur du Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC), chargé à ce titre de coordonner la réaction des pouvoirs publics face à la maladie et dont certains réclament la démission. "En tant que directeur du CDC, l'une des choses que je crains avec la fièvre Ebola, c'est qu'elle ne s'étende encore en Afrique. Si cela se produit, elle pourrait représenter une menace à long terme pour notre système de santé et pour les soins que nous prodiguons", a-t-il souligné. Deux infirmières ayant participé aux soins du malade libérien sont à leur tour atteintes, ce qui pose la question de la formation du personnel soignant et du respect des protocoles. Le fait que l'une d'elles ait été autorisée à prendre un vol intérieur alors qu'elle était une température légèrement élevée est venu ajouter à la polémique. Ces événements ont amené Frieden a revenir sur les propos rassurants qu'il tenait jusqu'alors quant aux capacités du système sanitaire à faire face à la maladie. "C'est peu de dire que le premier cas de fièvre Ebola aux Etats-Unis ait été mal géré, ce qui met en péril un grand nombre de personnes", a commenté Diana DeGette, membre démocrate de la sous-commission de l'Energie et du Commerce, lors des auditions de jeudi. "L'ANXIÉTÉ PLUS GRANDE QUE LA PROBABILITÉ" Deux élus ont réclamé la démission du Dr Frieden. D'autres, parmi lesquels le président républicain de la Chambre des Représentants John Boehner réclame la suspension des vols en provenance des pays touchés par l'épidémie, mais la Maison blanche s'y est à nouveau opposée jeudi. Les liaisons aériennes doivent être maintenues afin de permettre l'acheminement de l'aide nécessaire pour enrayer l'épidémie sur place, a déclaré Josh Earnest, porte-parole de la présidence. "Nous voulons être sûrs que les gens qui se rendent aux Etats-Unis sont contrôlés (...) et examinés de façon adéquate", a-t-il ajouté, évoquant les mesures mises en oeuvre dans cinq aéroports des Etats-Unis où arrivent l'essentiel des passagers en provenance des pays touchés. Nina Pham, la première infirmière texane atteinte après avoir soigné le malade libérien, a été prise en charge jeudi par le National Institutes of Health (NIH) de Bethesda, près de Washington. "Nous allons lui fournir les meilleurs soins possibles dans nos installations de confinement", a promis le Dr Fauci, directeur du NHI, entendu lui aussi au Congrès. L'infirmière serait dans un état stable. Amber Vinson, sa collègue également touchée, a pour sa part été placée à l'isolement mardi. Elle a été transférée dans la nuit à l'hôpital Emory d'Atlanta. Lundi, elle avait voyagé entre Cleveland, dans l'Ohio, où elle avait rendu visite à des membres de sa famille, et Dallas-Fort Worth à bord d'un vol commercial de la compagnie Frontier Airlines. Les 132 passagers ont été priés d'appeler un numéro de téléphone d'urgence. Le Dr Frieden a reconnu mercredi qu'elle n'aurait pas dû emprunter ce vol mais a jugé le risque de contamination limité. De source fédérale, on précise qu'avant de prendre l'avion, la jeune femme avait signalé au CDC qu'elle avait une température de 37,5°C mais que personne ne lui a dit de ne pas embarquer. Six employés de Frontier Airlines ont été mis en congé pour 21 jours "par mesure de précaution", a annoncé jeudi la compagnie. A Solon, dans la banlieue de Cleveland, deux écoles ont été fermées parce qu'une employée a peut-être pris le même vol que l'infirmière. Dans l'Etat de New York, le gouverneur Andrew Cuomo a annoncé la mise en place de formations pour le personnel soignant. Il a en outre indiqué que huit hôpitaux avaient été désignés pour recevoir d'éventuels malades. "L'anxiété est plus grande que la probabilité", a-t-il jugé. (Avec Susan Heavey à Washington, Jon Herskovitz à Austin et Colleen Jenkins en Caroline du Nord; Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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