Ebola oblige les USA à revoir leur gestion de crise

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(Actualisé avec la conférence de presse du directeur du CDC) DALLAS, 13 octobre (Reuters) - Le cas d'une infirmière de Dallas qui a contracté la fièvre Ebola en soignant un patient montre que les Etats-Unis doivent réfléchir à la manière dont ils gèrent le risque d'épidémie, a déclaré lundi un haut responsable de l'administration américaine. Thomas Frieden, le directeur du Centre pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), a expliqué que les autorités poursuivaient les investigations pour tenter de déterminer comment cette infirmière avait été infectée par le virus de la fièvre Ebola pendant qu'elle soignait Thomas Eric Duncan, placé à l'isolement dans un hôpital texan. Thomas Eric Duncan est mort la semaine dernière et l'infirmière est la première personne infectée par la maladie sur le sol américain. Cette infirmière se trouve dans un état "cliniquement stable", a déclaré Thomas Frieden, ajoutant que le CDC surveillait l'état de santé de plusieurs autres membres des équipes de soignants ayant été en contact avec Thomas Eric Duncan. "Nous devons revoir la manière dont nous gérons le contrôle de l'infection par Ebola. Même une seule infection est inacceptable", a-t-il dit à la presse. "Prendre en charge Ebola est difficile. Nous travaillons pour que cela soit plus sûr et plus facile." Thomas Frieden a présenté ses excuses pour avoir laissé entendre dimanche que l'infirmière infectée était responsable du non respect du protocole de sécurité qui l'avait exposée au virus alors que, pour certains experts, c'est plutôt le manque de formation des personnels de santé qui doit être mis en cause. LE RISQUE ZÉRO AUX USA IMPOSSIBLE POUR L'INSTANT "Je suis désolé si c'est l'impression que j'ai donnée", a dit le directeur du CDC, ajoutant que ses services allaient prendre des mesures pour améliorer l'information et la formation sur Ebola dans les hôpitaux américains. A Washington, le président Barack Obama devait réunir à 19h00 GMT plusieurs hauts responsables de l'administration américaine pour faire le point sur la situation à Dallas et "les efforts plus larges pour assurer que les infrastructures de santé nationales sont préparées", a déclaré la Maison blanche. Thomas Frieden a assuré que les Etats-Unis n'avaient aucun projet en cours pour interdire l'entrée sur leur sol de voyageurs en provenance d'Afrique de l'Ouest. Des contrôles "renforcés" ont débuté ce week-end à l'aéroport international John F. Kennedy de New York et doivent être étendus jeudi à quatre autres aéroports. Ces contrôles visent à repérer les passagers ayant de la fièvre (le premier symptôme de l'infection par le virus Ebola), tandis que les voyageurs en provenance du Liberia, de Sierra Leone ou de Guinée doivent en plus répondre à un questionnaire détaillé sur leurs contacts éventuels avec des malades. Des personnes ayant contracté le virus mais pas encore déclaré la maladie peuvent toutefois ne pas être repérées pendant la période d'incubation. Thomas Eric Duncan n'avait ainsi pas de fièvre à son arrivée à Dallas le mois dernier. Tant que l'épidémie en Afrique de l'Ouest ne sera pas maîtrisée, a reconnu Thomas Frieden, "il n'y a aucun moyen d'assurer un risque zéro aux Etats-Unis". (Lisa Maria Garza, Terry Wade et Sharon Begley, avec Jeff Mason et Steve Holland à Washington,; Marc Angrand pour le service français)

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