Ebola-MSF déplore l'absence de moyens d'évacuations en Afrique

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PARIS, 18 septembre (Reuters) - Médecins sans frontière a regretté jeudi l'absence de moyens internationaux pour rapatrier les personnes contaminées par la fièvre Ebola, à l'image de la volontaire française qui devait arriver dans la journée en France pour y être hospitalisée. La coopérante française, membre du personnel médical de MSF, a été contaminée au Liberia, l'un des pays les plus touchés par cette épidémie qui a fait environ 2.500 morts en Afrique de l'Ouest depuis mars, selon l'Organisation mondiale de la santé. Elle devait être prise en charge à l'hôpital militaire Bégin de Saint-Mandé, près de Paris, a-t-on dit de source militaire. Les organisations humanitaires dénoncent depuis des semaines la lenteur de la réaction internationale à cette épidémie, la plus grave depuis la découverte de la maladie en 1976. MSF l'a rappelé jeudi, déplorant que l'évacuation de sa volontaire française ait pris deux jours après la confirmation de sa contamination mardi, et que l'ONG ait dû solliciter à ses frais un avion privé américain pour procéder au rapatriement. "Quand vous voyez 42 heures à partir du moment où un cas est confirmé pour être rapatrié, c'est trop long", a dit Brice de le Vingne, directeur des opérations de MSF, lors d'une conférence de presse, précisant que l'organisation a demandé depuis longtemps à l'Union européenne et d'autres Etats de mettre en place des moyens d'évacuation médicale conséquents et efficaces. "Ce qu'on demande, c'est un avion médicalisé capable de prendre en charge un cas Ebola, qui soit localisé dans la région, en Guinée, Sierra Leone ou au Liberia." "On ne l'a pas obtenu jusqu'à présent", a-t-il insisté. "Il y a des discussions qui sont en cours mais elles n'ont pas encore délivré de solution pratique, immédiate, efficace." Le responsable de MSF a souligné que l'organisation avait dû faire appel à une compagnie aérienne privée dont l'appareil a décollé des Etats-Unis pour rallier Monrovia, capitale du Liberia, avant de transporter la coopérante en France. Une réunion du conseil de sécurité des Nations unies est prévue jeudi à New York en vue du sommet de la semaine prochaine sur la lutte contre la maladie. MSF a par ailleurs dit avoir lancé une procédure d'enquête interne afin de comprendre comment cette membre du corps médical, qui travaillait auprès de malades dans un centre à Monrovia, a pu être infectée. "C'est extrêmement lourd, extrêmement pointu. Ce n'est pas en deux secondes qu'on va savoir comment elle a été contaminée", a dit Bertrand Draguez, directeur médical chez MSF. "Les choses qu'on sait, c'est que les mesures de protection, les mesures standard qui sont extrêmement rigoureuses et strictes ont été suivies. Pour l'instant nous ne changeons rien et nous attendons le résultat des investigations." (Lucien Libert et Sébastien Dufour, avec Gregory Blachier, édité par Yves Clarisse)

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