Ebola-Mesures plus énergiques en vue pour lutter contre le virus

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* Discussions à Conakry entre l'OMS et trois pays africains * Le virus a fait 729 morts jusqu'ici * Plan de 100 millions de dollars de l'OMS * Sommet Afrique-USA la semaine prochaine (Actualisé avec précisions) par Saliou Samb CONAKRY, 1er août (Reuters) - Les dirigeants d'Afrique de l'Ouest ont décidé vendredi de renforcer la lutte contre l'épidémie de fièvre Ebola, avec notamment des mesures d'isolement des communautés rurales ravagées par la maladie. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) et l'association humanitaire Médecins sans frontières ont estimé vendredi que l'épidémie, qui a fait 729 morts dans quatre pays d'Afrique de l'Ouest, était hors de contrôle et qu'il fallait de nouvelles mesures pour pouvoir en venir à bout. La directrice générale de l'OMS Magaret Chan a déclaré lors d'une rencontre avec les présidents de Guinée, du Liberia et de Sierra Leone, les pays les plus affectés, que les efforts pour lutter contre l'épidémie étaient insuffisants. "L'épidémie se répand malgré nos efforts pour la contrôler. Si la situation continue de se détériorer, les conséquences peuvent être catastrophiques en termes de bilan humain, de désordres socio-économiques et de contagion à d'autres pays", a estimé Margaret Chan. "Les présidents reconnaissent la nature sérieuse de l'épidémie d'Ebola dans leurs pays. Ils sont déterminés à prendre toutes les mesures exceptionnelles pour stopper Ebola dans leurs pays", a ajouté Margaret Chan à l'issue des discussions, qui se sont tenues à Conakry, la capitale guinéenne. Dans un communiqué publié après la réunion, les présidents annoncent leur intention de déployer les forces de sécurité pour isoler les régions frontalières où 70% des 1.323 cas recensés ont été détectés. Le franchissement des frontières par toute personne montrant des signes de la maladie sera interdit. Des mesures strictes de contrôle devraient être mises en place dans les aéroports pour empêcher la propagation du virus dans la région. Les trois chefs d'Etat ont également décidé de prendre des mesures pour mieux protéger le personnel soignant, qui déplore une soixantaine de morts, et l'inciter à retourner au travail alors que certaines organisations internationales ont décidé d'évacuer leur personnel. QUARANTAINE La directrice de l'OMS a également souligné que les pays d'Afrique de l'Ouest avaient besoin d'experts médicaux et de fonds supplémentaires pour venir à bout de l'épidémie qui a pour l'instant tué 729 personnes sur les 1.323 cas répertoriés. Les instances dirigeantes de l'OMS doivent tenir une réunion d'urgence sur le sujet les 6 et 7 août. L'OMS a annoncé un plan de 100 millions de dollars (75 millions d'euros) pour combattre l'épidémie, alors que la maladie est classée parmi les plus virulentes et se caractérise notamment par de la fièvre et une faiblesse intense, suivis de vomissements, de diarrhées et dans certains cas d'hémorragies. Les Etats-Unis ont décidé de fournir du matériel et un soutien technique aux trois pays. D'autres mesures d'aide seront discutées lors d'un sommet Afrique-Etats-Unis la semaine prochaine à Washington. La Sierra Leone a déclaré jeudi l'état d'urgence sanitaire face à l'épidémie, qui a fait 729 morts au moins en Afrique de l'Ouest depuis le mois de février. Dans un communiqué, le président sierra-léonais Ernest Bai Koroma a annoncé qu'il mobilisait les forces de sécurité pour isoler les foyers d'infection du virus mortel. Au Liberia voisin, le gouvernement a décrété mercredi soir la fermeture des écoles et a appelé l'armée à placer en quarantaine les communautés les plus touchées par l'épidémie. Les fonctionnaires libériens dont l'activité n'est pas essentielle ont également été placés en congé pour trente jours dans le cadre de ce plan national contre la maladie. La Guinée, qui jusqu'ici s'était montrée réticente à prendre des mesures, a promis vendredi des "mesures drastiques" en matière de mise en quarantaine par la voix de son ministre de la Coopération Moustapha Koutoub Sano. Vendredi, le gouvernement de l'Etat d'Anambra dans le sud-est du Nigeria a mis une morgue en quarantaine où se trouvait le corps d'un Nigérian mort au Liberia le temps que des tests soient menés pour déterminer les causes de la mort. Deux travailleurs humanitaires américains, gravement malades après avoir été infectés par le virus au Liberia, vont être rapatriés aux Etats-Unis et mis à l'isolement dans un hôpital d'Atlanta, ont annoncé vendredi les autorités américaines. (Guy Kerivel et Danielle Rouquié pour le service français)

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