Ebola-Les médecins cubains se bousculent pour partir en Afrique

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par Daniel Trotta LA HAVANE, 21 octobre (Reuters) - Les 256 médecins et membres du personnel soignant cubains, choisis parmi quelque 15.000 volontaires, sont fiers de se rendre en Afrique de l'Ouest pour aider à lutter contre le virus Ebola qui a déjà fait plus de 4.500 victimes depuis le début de l'épidémie. "Des bagarres ont éclaté, des échanges houleux, avec des médecins demandant : 'Comment se fait-il que mon collègue puisse partir et pas moi ?'", comme le docteur Adrian Benitez, 46 ans, qui était censé embarquer pour le Liberia quelques heures plus tard. Malgré une alerte sanitaire au niveau mondial concernant la pire épidémie d'Ebola depuis l'apparition du virus, les médecins cubains sont impatients de se rendre en Afrique de l'Ouest et de commencer à soigner les malades. Ceux que l'on appelle "l'armée de blouses blanches", citant de nombreuses missions médicales en Afrique et ailleurs, évoquent un sens du devoir et se disent prêts à assumer les risques. "Nous savons que nous combattons quelque chose que nous ne comprenons pas complètement. Nous connaissons les risques. Nous avons conscience que nous nous rendons dans un environnement hostile", assure Leonardo Fernandez, 63 ans. "Mais c'est notre devoir. C'est comme ça que nous avons été éduqués." Si aucun cas n'a pour le moment été relevé en Amérique latine, l'épidémie a tué plus de 4.500 personnes principalement au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée, dont plus de 200 membres du personnel de santé, et a atteint les Etats-Unis et l'Espagne. Cuba a déjà envoyé 165 docteurs et soignants en Sierra Leone et 91 autres devaient s'envoler ce mardi pour des missions de six mois - 53 à destination du Liberia et 38 vers la Guinée. Quelque 205 autres professionnels de santé ont suivi une formation de trois semaines à Cuba mais n'ont pas encore reçu leur ordre de mission. Cuba envoie des équipes médicales prêter main forte aux populations frappées par des catastrophes sanitaires depuis l'arrivée de Fidel Castro au pouvoir en 1959. L'ex-homme fort de Cuba, qui a abandonné le pouvoir en 2008 à son frère Raul, s'est par ailleurs exprimé lundi pour une coopération avec les Etats-Unis, ennemi de Cuba de longue date, sur le plan humanitaire alors que les membres de l'Alba (Alliance bolivarienne pour les Amériques) se réunissaient à La Havane. ID:nL6N0SF4KR (Agathe Machecourt pour le service français)

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