Ebola-Les contrôles au départ plus utiles qu'à l'arrivée-étude

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par Kate Kelland LONDRES, 21 octobre (Reuters) - Les contrôles des passagers susceptibles d'être porteurs du virus Ebola sont plus efficaces à l'aéroport de départ qu'à l'arrivée dans un autre pays pour limiter la propagation de l'épidémie, selon une étude publiée mardi dans la revue médicale The Lancet. Sur la base des plans de vols pour 2014 et des trajets effectués par les passagers en 2013, couplés à d'autres paramètres, l'analyse des chercheurs montre, qu'en moyenne, on peut s'attendre à ce qu'un peu moins de trois (2,8) voyageurs infectés par Ebola empruntent chaque mois un vol international en provenance des pays d'Afrique de l'Ouest touchés par l'épidémie. Les trois pays concernés, la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone, procèdent déjà tous à des prises de température des passagers en partance pour l'étranger, même si ces tests ne peuvent pas repérer ceux qui ont été infectés avant qu'ils ne montrent des symptômes, ce qui peut prendre 21 jours. Quoiqu'il en soit, dit le professeur Kamran Khan, de l'hôpital St Michael de Toronto, qui a dirigé cette étude, il est nettement plus efficace et moins perturbant de surveiller les voyageurs des pays touchés en Afrique de l'Ouest à leur départ, plutôt qu'à l'atterrissage, comme plusieurs pays dont les Etats-unis et la France, ont commencé à le faire. "Le contrôle des voyageurs arrivant dans les aéroports hors d'Afrique de l'Ouest, peut certes offrir un sentiment de sécurité, estime le docteur Khan, mais cela n'aura au mieux que des effets marginaux, et cela pourrait priver de ressources précieuses des interventions plus efficaces en matière de santé publique." Ebola a fait plus de 4.500 morts au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée. Mais compte tenu du nombre de cas non répertoriés, le bilan devrait plutôt se situer à plus de 12.000 morts. Le docteur Khan fait aussi valoir que des contraintes excessives sur les déplacements aériens pourraient avoir "de graves conséquences économiques susceptibles de déstabiliser la région". Selon l'étude publiée dans le Lancet, sur les quelque 500.000 voyageurs qui ont emprunté des vols commerciaux au départ de Conakry, Monrovia et Freetown en 2013, plus de la moitié se rendaient dans l'un des cinq pays suivants : le Ghana (17,5%), le Sénégal (14,4%), le Royaume-Uni (8,7%), la France (7,1%) ou la Gambie (6,8%). Selon l'étude, plus de 60% des voyageurs en 2014 devraient se diriger vers des pays moyennement ou peu développés où les services de santé pour empêcher une propagation du virus risquent d'être sous-équipés. (Danielle Rouquié pour le service français, édité par)

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  • M2683479 le mardi 21 oct 2014 à 14:43

    besoin d'une étude pour cette évidence !