Ebola-L'état de santé de l'infirmière espagnole se détériore

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MADRID, 9 octobre (Reuters) - L'état de santé de l'infirmière espagnole qui a contracté la fièvre Ebola en soignant deux prêtres atteints de la maladie s'est aggravé, a fait savoir jeudi la direction de l'hôpital où elle est soignée. "Son état clinique s'est détérioré mais je ne peux pas en dire plus en raison des souhaits exprimés par la patiente", a déclaré Yolanda Fuentes de l'hôpital madrilène Carlos III, où Teresa Romero, son mari et deux autres médecins ont été placés en quarantaine. L'infirmière âgée de 44 ans a contracté la maladie le mois dernier alors qu'elle soignait deux prêtres espagnols contaminés en Sierra Leone et au Liberia, qui sont par la suite décédés. Il s'agit du premier cas de contamination hors d'un pays d'Afrique de l'Ouest, et du seul confirmé pour le moment en Espagne. Trois autres personnes qui avaient été placées en observation ont pu rentrer chez elles mercredi soir, les tests s'étant avérés négatifs. Alors que la Commission européenne a demandé à Madrid d'expliquer comment une telle contamination à pu se produire, les autorités ont mis en cause une "négligence individuelle". "La patiente elle-même a reconnu qu'elle n'avait pas suivi scrupuleusement le protocole", a déclaré jeudi Ruben Moreno, porte-parole pour les questions de santé du Parti populaire au pouvoir. Un des médecins de l'hôpital Carlos III, a déclaré mercredi que l'infirmière lui avait confié qu'elle s'était touchée le visage sans enlever ses gants de protection après avoir soigné un des prêtres. POLÉMIQUE "La plus petite erreur peut être fatale", a rappelé de son côté Peter Piot, un des codécouvreurs du virus Ebola, qui enseigne à l'Ecole de médecine tropicale de Londres. Un médecin espagnol, qui fait partie des personnes placées en quarantaine par précaution, a mis en cause les autorités sanitaires dans une lettre ouverte publiée jeudi par le journal El Pais. Dans cette lettre, il dit notamment avoir appris en lisant la presse que Teresa Romero était bien atteinte de la fièvre Ebola lorsqu'il l'a soignée pendant 16 heures avant qu'elle ne soit finalement hospitalisée. Les questions entourant les circonstances de la contamination de l'infirmière ont provoqué une polémique en Espagne sur les conséquences des coupes sévères dans les dépenses de santé dans le cadre de la politique d'austérité du gouvernement de Mariano Rajoy. Le personnel de santé d'un hôpital madrilène a manifesté pour dénoncer leur manque de formation pour faire face à la maladie et plusieurs syndicats ont réclamé la démission de la ministre de la Santé, Ana Mato. Face à ces critiques, Mariano Rajoy a appelé la population espagnole au calme et a assuré que le risque de voir l'épidémie s'étendre était "extrêmement limité". La fièvre Ebola a déjà tué près de 4.000 personnes en Afrique de l'Ouest et plusieurs Occidentaux qui avaient contracté la maladie sur place. (Sonya Dowsett; Tangi Salaün pour le service français)

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