Ebola-L'Australie suspend l'immigration depuis les pays touchés

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SYDNEY, 28 octobre (Reuters) - L'Australie a suspendu la délivrance de visas aux ressortissants de pays d'Afrique de l'Ouest touchés par l'épidémie de fièvre Ebola, a annoncé le ministre de l'Immigration Scott Morrison, qui justifie cette décision par la nécessité d'empêcher la propagation du virus sur le territoire. Aucun cas de virus Ebola n'a été recensé en Australie, qui devient le premier pays riche à fermer ses portes aux personnes originaires de Guinée, du Liberia et de la Sierra Leone. "Le gouvernement contrôle strictement les entrées en Australie dans le cadre de notre programme d'immigration en provenance de l'Afrique de l'Ouest", a-t-il dit au Parlement. "Ces mesures incluent la suspension temporaire de notre programme d'immigration, y compris de notre programme humanitaire pour les pays touchés par le virus Ebola, et cela signifie que nous ne traitons plus les demandes de visa en provenance de ces pays affectés", a ajouté Scott Morrison, resté sourd jusqu'à présent aux appels en faveur de l'envoi de personnel médical dans la région. Tous les visas non-permanents ou temporaires seront annulés et les détenteurs de visas permanents qui ne sont pas encore arrivés en Australie devront se soumettre à 21 jours de quarantaine, a-t-il ajouté. L'épidémie de fièvre Ebola a fait près de 5.000 morts, principalement en Afrique de l'Ouest, selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). L'Australie a contribué à hauteur de 18 millions de dollars australiens (12,5 millions d'euros) à la lutte contre la maladie mais des experts médicaux, des parlementaires de l'opposition et des groupes de défense des droits de l'homme dénoncent le fait qu'aucune équipe médicale n'ait été envoyée dans la région. Le risque pour l'Australie était déjà très faible en raison de son isolement géographique, a déclaré le docteur Adam Kamradt-Scott, conférencier à l'Institut Marie Bashir pour les maladies infectieuses et la biosécurité de l'Université de Sydney. L'interdiction de visa, a-t-il poursuivi, ne servira à rien pour protéger le pays d'Ebola tandis que cela peut potentiellement avoir un impact négatif sur la santé publique en créant un climat de panique et des craintes excessives sur la maladie. "En fait cette interdiction systématique contribue très peu à réduire le risque qu'Ebola arrive en Australie. Cela envoie également un très mauvais signal sur notre programme d'assistance humanitaire et sur le comportement de l'Australie à l'égard de l'Afrique d'Ouest", a-t-il dit à Reuters. "C'est simplement une décision purement politique." La "vision étriquée" de l'Australie sur Ebola n'a aucun sens d'un point de vue sanitaire, étant donné que les demandeurs de visas humanitaires font déjà l'objet de contrôles et de dépistages, a estimé Graham Thom, un porte-parole d'Amnesty International Australia. (Matt Siegel et Lincoln Feast, Mathilde Gardin pour le service français)

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