Ebola fait 887 morts, armée mobilisée en Sierra Leone et au Liberia

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(Actualisé avec situation en Sierra Leone et au Liberia) GENEVE, 4 août (Reuters) - L'épidémie en cours de virus Ebola a fait 887 morts à la date du 1er août, sur les 1.603 personnes contaminées dans quatre pays d'Afrique de l'Ouest, a annoncé lundi l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). L'ampleur de cette épidémie, la plus mortelle jamais observée de ce virus provoquant des fièvres hémorragiques, a incité la Sierra Leone et le Liberia à mobiliser leur armée pour maîtriser des mouvements de panique et contenir la propagation. Dernier pays en date où le virus est apparu, le Nigeria pourrait compter quatre cas sur son sol, selon l'OMS. Trois sont qualifiés de "probables" et un quatrième est jugé "suspect". Malgré les appels lancés par les associations humanitaires, le nombre de cas n'a cessé de croître d'une manière constante en Guinée, pays d'où est partie l'épidémie en février. Dans ce pays, on dénombre 358 morts sur 485 cas confirmés de contamination par le virus. La Sierra Leone compte 646 cas confirmés et 273 décès tandis qu'au Liberia, le nombre de morts est de 255 et celui de cas confirmés de 468. La Sierra Leone et le Liberia ont déployé plusieurs centaines de militaires dans le cadre de plans d'urgence visant à contenir la propagation de la maladie et à stopper des mouvements de panique parmi les populations locales. Des membres des services de santé ont été agressés et plusieurs bâtiments affectés à l'isolement des patients ont failli être incendiés par des civils inquiets de voir la maladie se propager. LES AUTORITÉS DÉPASSÉES Les autorités de Sierra Leone et du Liberia ont dû renforcer les mesures de sécurité, notamment en imposant la fermeture d'écoles et la mise en quarantaine de certaines zones forestières isolées touchées par l'épidémie. Des convois de véhicules militaires ont pris lundi le chemin de la partie la plus orientale de la Sierra Leone où le nombre de cas recensés est le plus élevé. L'opération baptisée Octopus mobilise 750 soldats, a précisé un porte-parole de l'armée. Les militaires vont d'abord se rendre dans la ville de Bo dans le sud-est du pays avant de rejoindre les communautés isolées et d'imposer une quarantaine. Un ravitaillement en denrées alimentaires sera assuré et les employés des ONG auront un libre accès à ces zones, a-t-il ajouté. Au Liberia, la présidente Ellen Johnson-Sirleaf et ses ministres ont tenu une réunion de crise dimanche afin de mettre en oeuvre une série de mesures de lutte contre la maladie. La police a été mobilisée pour empêcher les déplacements de populations civiles appartenant aux communautés touchées par la maladie dans le comté de Lofa dans le nord. Des barrages routiers et des points de contrôle ont été instaurés pour surveiller les entrées et les sorties dans les communautés infectées. Aucune sortie n'est autorisée dans les zones placées en quarantaine. "La situation risque de s'aggraver encore", a commenté Lewis Brown, ministre libérien de l'Information. "Nous sommes dépassés. Nous avons besoin d'aide. Nous avons besoin de ressources. Nous avons besoin de personnels", a-t-il ajouté. Selon un journaliste de Reuters, plusieurs cliniques de Monrovia, la capitale du Liberia, ont fermé leurs portes, les médecins ayant peur de soigner les malades. Une soixantaine de médecins ont déjà péri depuis le début de l'épidémie. Médecin Sans Frontières (MSF) ne dispose que d'une équipe réduite au Liberia et précise ne pas être en mesure d'augmenter ses effectifs. Les organisations humanitaires affirment être elles aussi dépassées par l'ampleur de la contagion, une situation encore aggravée par le départ de certains employés après la contamination de deux Américains appartenant à l'ONG Samaritan's Purse dans ce pays. (Tom Miles; Bertrand Boucey et Pierre Sérisier pour le service français)

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