EasyJet regarde ailleurs en Europe après la chute de ses profits

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    * La compagnie va demander une nouvelle licence dans l'UE 
    * Coûts supplémentaires comptabilisés en 2017 et 2018 
    * Baisse de 28% du bénéfice annuel avant impôt à £495 mlns 
    * Nouveau recul du prix des billets d'avions 
    * L'action en hausse de 2,7% 
 
 (Actualisé avec commentaires, capacité et licence européenne) 
    par Victoria Bryan 
    LONDRES, 15 novembre (Reuters) - La compagnie aérienne 
britannique easyJet  EZJ.L  a annoncé mardi qu'elle demanderait 
une nouvelle licence pour continuer à opérer au sein de l'Union 
européenne (UE) après le vote de la Grande-Bretagne en faveur 
d'une sortie de l'Union, après une année difficile qui a vu la 
baisse de la livre sterling et les craintes d'attentats impacter 
lourdement ses bénéfices. 
    Le numéro deux européen du secteur derrière Ryanair  RYA.I  
est parmi les compagnies aériennes les plus touchées par le 
Brexit car environ 30% de ses vols sont effectués au sein 
d'autres Etats membres de l'UE que la Grande-Bretagne. 
    Pour protéger ses droits, le groupe entend solliciter un 
certificat de transporteur aérien (CTA ou AOC en anglais) dans 
un autre pays de l'UE, une autorisation qui lui permettra de 
poursuivre ses opérations au sein dans l'UE même si la 
Grande-Bretagne venait à en sortir effectivement. 
    EasyJet a dit être sur le point de choisir le pays européen 
dans lequel il demanderait formellement son CTA, probablement au 
début de l'an prochain. L'obtention de ce certificat et les 
coûts liés à l'enregistrement de nouveaux avions entraînera une 
charge d'environ 10 millions de livres (11,5 millions d'euros) 
qui sera répartie sur l'exercice en cours et le suivant. 
    "Nous sommes persuadés qu'il y aura un accord entre le 
Royaume-Uni et l'UE, mais nous ne pouvons pas être certains 
qu'il sera conforme à nos conditions actuelles, c'est pourquoi 
nous devons créer une entité opérationnelle au sein de l'UE", a 
déclaré la directrice générale d'easyJet, Carolyn McCall. 
    Elle a toutefois assuré que le siège social d'easyJet 
resterait à Luton, en Grande-Bretagne, où le groupe exploite 140 
avions et emploie 6.500 personnes. Une centaine d'avions et 
3.300 membres d'équipages sont basés dans d'autres pays de l'UE. 
    Les concurrents d'easyJet ne sont pas dans la même situation 
que le transporteur britannique à bas prix. International 
Consolidated Airlines Group (IAG)  ICAG.L , la maison mère de 
British Airways, a déjà plusieurs CTA pour opérer dans l'UE, 
grâce notamment à ses autres compagnies Iberia, Vueling et Aer 
Lingus. L'irlandaise Ryanair, de son côté, cherche toujours à 
déterminer si un certificat est nécessaire en cas de Brexit. 
     
    RECUL DU BÉNÉFICE 
    EasyJet a fait état d'un bénéfice annuel en baisse pour la 
première fois depuis 2009 en raison notamment de la chute de la 
livre sterling dans le sillage du Brexit. 
    L'exercice clos fin septembre s'est soldé par une baisse de  
28% du bénéfice avant impôt à 495 millions de livres (575 
millions d'euros), un résultat toutefois en haut de la 
fourchette de 490-495 millions donnée en octobre quand le groupe 
avait averti sur ses résultats  . 
    L'action prend 2,71% à 1.059,22 pence à 11h23 GMT à la 
Bourse de Londres, surperformant l'indice Footsie  .FTSE  en 
hausse de 0,59%. 
    EasyJet a souffert de la désaffection des touristes après 
les attaques terroristes en Egypte, en Turquie, à Paris et à 
Nice. Parallèlement, la baisse de la livre a amputé le bénéfice 
de 88 millions de livres sur l'exercice 2015-2016 et la 
compagnie prévoit pour la même raison à un manque à gagner de 90 
millions de livres sur le nouvel exercice. 
    Les transporteurs européens font face à une baisse des 
tarifs car ils mettent plus de sièges sur le marché pour essayer 
de profiter des prix bas du kérosène et gagner des parts de 
marché. 
    EasyJet prévoit d'augmenter ses capacités de 9% lors de 
l'exercice en cours et s'attend à une baisse des prix des 
billets d'environ 5 à 9% au premier semestre, après une baisse 
de 6% sur l'exercice écoulé. 
    Ryanair avait averti en octobre que les prix des billets 
pourraient reculer de 13 à 15%. 
    Au début du mois, la compagnie irlandaise a annoncé son 
intention de lancer des liaisons au départ de Francfort, afin 
d'accroître sa présence dans les grands aéroports.  
    Interrogé sur le sujet, EasyJet a dit avoir d'autres 
priorités. "Nous n'avons pas l'intention d'opérer des vols 
là-bas pour le moment", a déclaré Carolyn McCall à la presse.  
 
 (Patrick Vignal et Claude Chendjou pour le service français, 
édité par Véronique Tison) 
 

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