EADS prudent sur sa trésorerie mais confiant sur ses objectifs

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EADS CONFIRME SES PRÉVISIONS POUR 2012
EADS CONFIRME SES PRÉVISIONS POUR 2012

par Cyril Altmeyer et Tim Hepher

PARIS (Reuters) - EADS a fait savoir jeudi que l'une de ses priorités du quatrième trimestre serait de générer de la trésorerie grâce à la livraison d'avions et s'est montré plus confiant dans ses prévisions de résultats pour 2012, après un troisième trimestre supérieur aux attentes grâce à Airbus.

Un mois après l'échec de son projet de fusion avec le britannique BAE Systems, attribué à un veto de l'Allemagne, le groupe européen d'aérospatiale et de défense a souligné que la suspension d'un prêt par Berlin pour le futur long-courrier A350 d'Airbus avait pesé sur son cash flow.

EADS s'attend désormais à un flux de trésorerie disponible équilibré - et non plus positif - après financements-clients et avant acquisitions, un objectif que le directeur financier Harald Wilhelm a qualifié de "serré" mais réalisable sur la base de l'objectif maintenu de livrer 30 très gros porteurs A380.

Le flux de trésorerie disponible après financements-clients affiche un solde négatif de 3,376 milliards d'euros fin septembre contre un solde positif de 155 millions un an plus tôt.

La détérioration du besoin en fonds de roulement est liée à la concentration des livraisons d'avions sur le dernier trimestre de l'année et à la montée des cadences de production tant chez Airbus que chez Eurocopter.

Le groupe a également pâti de la suspension d'un prêt de 600 millions d'euros par l'Allemagne pour l'A350, a observé Harald Wilhelm.

"S'ils avaient payé, le cash flow aurait été meilleur", a-t-il dit lors d'une conférence téléphonique, ajoutant que les discussions avec le gouvernement allemand continuaient.

L'action cède 4,13% à 26,105 euros à 12h20 à la Bourse de Paris, accusant la plus forte baisse du CAC 40 (+0,36%), la détérioration du cash flow supplantant les résultats trimestriels meilleurs que prévu.

"C'est un déjà problème en soi, mais c'est également important parce qu'Airbus va avoir besoin de toute la trésorerie possible pour financer l'A350", estime Nick Cunningham, analyste chez Agency Partners.

L'évolution du programme "très ambitieux" du futur long-courrier A350 reste liée aux performances de la chaîne de fournisseurs, souligne EADS.

CHARGE LIÉE À L'A380

Airbus, qui a résolu les problèmes de perçage au niveau des ailes apparus au premier semestre, confirme viser une mise en service de l'A350 au second semestre 2014.

EADS a ramené sa trésorerie nette à 8,1 milliards d'euros au 30 septembre contre 11,7 milliards fin 2011 sous l'effet conjugué d'une contribution aux régimes de retraite et du paiement d'un dividende.

Le groupe confirme prévoir une hausse d'environ 10% de son chiffre d'affaires en 2012 et un bénéfice d'exploitation (Ebit) avant éléments non récurrents de 2,7 milliards d'euros, deux objectifs relevés fin juillet.

EADS prévoit également une charge d'environ 260 millions d'euros sur l'exercice liée aux réparations des fissures des ailes des 30 A380 qu'il prévoit de livrer cette année.

Harald Wilhelm a réaffirmé la détermination d'Airbus de parvenir à l'équilibre sur le programme A380 en 2015 en essayant d'obtenir de nouvelles commandes. EADS a réaffirmé jeudi que l'objectif de 30 commandes cette année pour le très gros porteur serait difficile à atteindre.

Le groupe a également enregistré une charge de 76 millions d'euros au troisième trimestre à la suite de la fermeture des lignes de production de jets du constructeur américain Hawker Beechcraft, placé depuis mai sous protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites. et

Au troisième trimestre, EADS a réalisé un bénéfice d'exploitation avant exceptionnels de 537 millions d'euros, en hausse de 67%, un chiffre d'affaires de 12,324 milliards (+15%) et un bénéfice net de 309 millions (-1%).

Les analystes interrogés par Reuters attendaient en moyenne au troisième trimestre un Ebit avant exceptionnels de 454 millions d'euros, un chiffre d'affaires de 11,853 milliards et un bénéfice net de 253 millions.

"Cette hausse reflète avant tout l'attention que nous continuons de porter sur la gestion et l'exécution des programmes", fait valoir dans un communiqué Tom Enders, président exécutif d'EADS.

Le directeur financier Harald Wilhelm a également observé que la tentative de fusion avec BAE Systems ne reflétait pas des inquiétudes sur la dynamique commerciale du groupe.

Il a précisé aux analystes qu'il ne fallait pas s'attendre à une activité importante en termes d'acquisitions ou de cessions prochainement, au moment où le groupe revoit sa stratégie.

EADS compte notamment boucler d'ici la fin de l'année une révision sur la structure de coûts et l'exécution de programmes chez Cassidian, son pôle sécurité.

Le groupe a évincé début septembre Stefan Zoller de la présidence de Cassidian dont la direction a été remaniée et la motivation d'EADS dans son projet avorté de fusion avec BAE reposait principalement sur la volonté d'accroître son exposition à la défense afin de contrebalancer les cycles de l'aéronautique.

Edité par Benjamin Mallet et Gwénaëlle Barzic

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  • cacous le jeudi 8 nov 2012 à 12:50

    Grosse MANIPULATION des ALLEMANDS pour racheter des actions pas cher !!! C'est scandaleux que ANGELA n'accorde pas le prêt promis pour l'A350 !! Que font François et ANDERS ????