EADS fait mieux que prévu au 1er trimestre

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EADS fait mieux que prévu au 1er trimestre
EADS fait mieux que prévu au 1er trimestre

par Cyril Altmeyer et Tim Hepher

PARIS (Reuters) - EADS a annoncé mercredi que sa filiale Airbus avait trouvé une solution aux fissures sur les ailes de son très gros porteur A380, un problème dont le coût a plus que doublé et qui devrait encore peser pendant deux ans sur un programme à l'histoire déjà tumultueuse.

Le groupe européen d'aérospatiale et de défense s'est dit toutefois confiant pour 2012 malgré une inquiétude de plus en plus vive sur la situation économique en Espagne, l'un de ses actionnaires.

L'action affiche l'une des rares hausses du CAC 40, avec un gain de 1,22% à 29,385 vers 10h50, contre une baisse de 0,4% de l'indice parisien à la même heure, sous l'impulsion de résultats trimestriels largement supérieurs aux attentes grâce aux performances d'Airbus.

EADS a annoncé une charge de 158 millions d'euros pour couvrir les coûts de réparation des 71 A380 livrés fin mars, qui s'ajoute à une première estimation du coût déjà annoncée de 105 millions.

"Il y a probablement un certain soulagement lié au fait qu'ils aient réussi à régler le problème rapidement. Cela enlève de l'incertitude", a souligné Sandy Morris, analyste chez Jefferies. "Les 'bulls' auront ainsi quelque chose à se mettre sous la dent, mais ce n'est qu'un trimestre et la route est encore très longue".

Ces fissures, découvertes pour la première fois début janvier sur des A380 de Singapore Airlines et la compagnie australienne Qantas Airways, constituent une nouvelle avarie pour un programme qui a accumulé les retards lors de son développement.

"Nous devrons appliquer la réparation sur chaque livraison tant que nous n'aurons pas intégré la solution permanente (...), ce qui devrait encore probablement nous occuper cette année et la prochaine", a expliqué le directeur financier d'EADS, Hans-Peter Ring lors d'une conférence téléphonique.

INQUIÉTUDES SUR L'ESPAGNE

EADS, qui renouvellera sa direction à l'issue de l'assemblée générale du 31 mai, juge désormais "plus ambitieux" son objectif de livraison de 30 A380 en 2012 du fait d'un grand nombre de livraisons différées, sans toutefois compromettre l'objectif d'équilibre du programme d'ici début 2015.

En vertu du respect de l'équilibre entre Paris et Berlin au sein d'EADS, l'Allemand Tom Enders succédera à Louis Gallois à la présidence exécutive d'EADS, tandis que le Français Fabrice Brégier prendra les rênes d'Airbus, dont il est l'actuel numéro deux.

Hans-Peter Ring a déclaré qu'EADS adaptait la gestion de sa trésorerie et de ses couvertures à cause de la crise dans la zone euro, avec désormais de "vrais problèmes" en Espagne, l'un de ses pays actionnaires.

"C'est l'un de nos gros casse-tête aujourd'hui parce que nous avons vu une forte détérioration de nos partenaires, c'est-à-dire les banques, depuis deux ans et il est devenu beaucoup plus difficile de faire face à un tel contexte", a-t-il souligné.

EADS a dégagé au premier trimestre un Ebit de 343 millions d'euros, en hausse de 79%, et un chiffre d'affaires de 11,404 milliards, en progression de 16%, et un résultat net de 133 millions au lieu d'une perte de 12 millions un an plus tôt.

Les analystes interrogés par Inquiry Financial Europe attendaient en moyenne pour le premier trimestre un chiffre d'affaires de 10,636 milliards et un Ebit de 331 millions.

Le groupe a confirmé prévoir pour 2012 un Ebit avant éléments non récurrents supérieur à 2,5 milliards d'euros - contre 480 millions pour le seul premier trimestre - et une hausse supérieure à 6% de son chiffre d'affaires.

EADS affiche des prises de commandes quasi doublées en un an à 12 milliards d'euros grâce à l'A320neo, la version améliorée du monocouloir d'Airbus.

L'avionneur a réaffirmé viser environ 570 livraisons cette année, précisant que le nombre de commandes brutes devrait être supérieur aux livraisons. En janvier, l'avionneur avait dit tabler sur 600-650 commandes brutes d'avions en 2012, après un record de 1.608 en 2011.

Le rival de Boeing a engrangé 112 commandes brutes sur la période janvier-avril - soit un total net de 95 après annulations - et a livré 183 appareils en janvier-avril, parmi lesquels cinq A380.

Edité par Jean-Michel Bélot

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