EADS défend le transfert d'activités à Toulouse

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EADS OPTIMISTE POUR 2012 GRÂCE À AIRBUS
EADS OPTIMISTE POUR 2012 GRÂCE À AIRBUS

par Tim Hepher et Cyril Altmeyer

PARIS (Reuters) - Le président exécutif d'EADS Louis Gallois, en réponse aux critiques allemandes, a défendu jeudi le projet de son successeur désigné Thomas Enders de domicilier davantage d'activités du groupe à Toulouse, où se trouve le siège d'Airbus.

Lors de la présentation des résultats annuels du groupe, Louis Gallois a confirmé que Peter Hintze, coordinateur de l'aéronautique et de l'espace au sein du gouvernement allemand, avait écrit à Thomas Enders pour réclamer qu'EADS domicilie au contraire davantage d'activités en Allemagne.

"Cette lettre n'est certainement pas appropriée et certainement pas en conformité avec la gouvernance d'une entreprise cotée", a déclaré Louis Gallois.

"Avec Thomas Enders et le comité exécutif, nous travaillons tous sans drapeau sur la table. Personne dans l'entreprise ne veut que cela change. Nous continuerons de travailler sans interférence de l'extérieur."

Cet incident entre EADS et la partie allemande du groupe est le plus sérieux depuis la crise de 2009 qui avait été provoquée par des dépassements de coûts et des retards dans le projet A400M. EADS avait également traversé une tourmente grave en 2006, cette fois à cause du retard du programme de l'A380.

EADS, dont les résultats de 2011 ont dépassé les attentes, prévoit pour 2012 un Ebit avant éléments non récurrents supérieur à 2,5 milliards d'euros après l'avoir déjà augmenté l'an passé à 1,8 milliard.

"Tout est désormais prêt pour qu'EADS prenne son envol vers l'accroissement de la rentabilité", a déclaré le groupe dans un communiqué, précisant que la performance de l'Ebit publié dépendra à l'avenir de l'avancement de ses programmes complexes.

L'action EADS s'est adjugée 10,78% à 29,74 euros après ces annonces, finissant largement en tête des hausses du CAC 40.

LA COMPLEXITÉ DU PROGRAMME A350

Reflet d'une confiance retrouvée, EADS s'en est également pris publiquement, chose rare, à la Commission européenne concernant l'encadrement des émissions de gaz à effet de serre. Selon le groupe, en guise de représailles, la Chine pourrait menacer d'annuler des commandes d'avions, avec le risque de voir l'industrie dans une guerre commerciale.

Le premier groupe européen d'aéronautique et de défense, qui a également insisté sur les incertitudes macroéconomiques, a souligné la complexité du programme de son long courrier A350 attendu pour le premier semestre 2014, notant que le calendrier "se resserre".

Le programme est à l'origine d'une provision de 200 millions d'euros, annoncée en novembre, mais dont l'impact a été gommé par l'arrêt de l'A340.

Airbus va d'autre part augmenter la production de ses A330 à 11 appareils par mois à partir du deuxième trimestre 2014 pour répondre à la demande.

Au moment où la crise de la dette menace les budgets de défense en Europe, Louis Gallois s'est aussi inquiété de l'évolution des discussions avec les gouvernements sur l'avenir des programmes d'équipement. "Il est indispensable que ces discussions, notamment en Allemagne, aboutissent sans tarder à des résultats favorables pour chacune des parties", a-t-il dit.

Pour 2012, EADS anticipe une hausse supérieure à 6% de son chiffre d'affaires, après une progression de 7% à 49,13 milliards d'euros l'an dernier, les ventes d'Airbus et d'Eurocopter ayant plus que compensé le léger repli enregistré au sein du pôle spatial Astrium et de la division défense et sécurité Cassidian.

EADS, qui a affiche une hausse de 87% de son résultat net annuel à 1,033 milliard d'euros, propose un dividende par action doublé à 0,45 euro au titre de 2011, contre 0,22 euro pour 2010.

Les analystes interrogés par Inquiry Financial Europe attendaient en moyenne pour 2011 un chiffre d'affaires de 48,14 milliards, un bénéfice net de 687 millions et un Ebit publié de 1.312 millions, lequel est ressorti à 1.696 millions, en hausse de 38%.

Airbus avait indiqué à la mi-janvier anticiper 600-650 commandes brutes d'avions en 2012, après un record de 1.608 en 2011, et 570 livraisons - dont environ 30 très gros porteurs A380 - contre 534 en 2011.

Fort d'une hausse de 58% de ses prises de commandes, EADS affichait fin 2011 un carnet de commandes record de 541 milliards d'euros.

EADS pourrait aussi bénéficier indirectement cette année de contrats à l'export du Rafale de Dassault Aviation, dont il détient 46% du capital.

L'Inde a annoncé fin janvier l'ouverture de négociations exclusives en vue de l'achat de 126 de ces avions de combat, un contrat évalué à quelque 11 milliards d'euros, tandis que la perspective d'une commande de 60 unités de la part des Emirats arabes unis a récemment refait surface, avec par ricochet un éventuel intérêt du Qatar et du Koweït voisins.

Avec Gilles Guillaume pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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