E.ON abaisse ses prévisions et blâme l'interventionnisme

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E.ON ABAISSE SES PRÉVISIONS ET BLÂME L'INTERVENTIONNISME
E.ON ABAISSE SES PRÉVISIONS ET BLÂME L'INTERVENTIONNISME

FRANCFORT (Reuters) - E.ON, le numéro un allemand des services aux collectivités, a réduit mercredi en partie ses prévisions pour 2013 et regretté que les "politiques interventionnistes" contribuent à la crise du marché énergétique.

Le groupe a annoncé qu'il anticipait pour cette année un bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements (Ebitda) compris entre 9,2 et 9,3 milliards d'euros. Il comptait auparavant sur une fourchette allant de 9,2 à 9,8 milliards.

Les analystes interrogés par Reuters tablent en moyenne sur un Ebitda à 9,3 milliards d'euros.

De même que le français GDF, qui a annoncé mercredi de nouvelles dépréciations d'actifs en Europe (voir , le groupe allemand se juge lésé par le soutien apporté par les gouvernements européens aux énergies solaire et éolienne.

"Nos activités traditionnelles continuent à souffrir des bouleversements du marché de l'énergie, en partie dus aux politiques interventionnistes des gouvernements", a déploré Johannes Teyssen, président du directoire d'E.ON.

Le groupe a fait état d'un Ebitda en baisse de 19% à 7,117 milliards d'euros sur les neuf premiers mois de l'année, sous le consensus établi par Reuters à 7,179 milliards.

E.ON a par ailleurs annoncé la vente de 80% de son parc éolien danois de Roedsand II pour 3,2 milliards de couronnes au groupe SEAS-VNE. Il conservera les 20% restants.

RÉDUCTIONS DE CAPACITÉ

De plus, Johannes Teyssen a dit espérer que son groupe vende l'an prochain la part qu'il détient avec RWE dans le producteur de combustible nucléaire Urenco.

Après ces annonces, l'action E.ON gagnait 1,15% à 13,65 euros vers 14h30 GMT à la Bourse de Francfort.

Les prix de gros de l'électricité ont chuté de moitié en Allemagne depuis leur pic atteint en 2008, ce qui a conduit E.ON et ses principaux concurrents comme RWE, EnBW et Vattenfall à réduire leurs capacités de production d'électricité.

E.ON a réduit de sept gigawatts (GW) sa capacité, soit l'équivalent de sept centrales nucléaires, et entre janvier et septembre sa production d'électricité a baissé de 7% dans l'UE.

Depuis que la sortie du nucléaire a été décidée en Allemagne en 2011, le cours de Bourse d'E.ON a chuté alors que dans le même temps l'indice européen des services aux collectivités a perdu 7%.

À part l'abandon du nucléaire, qui plombe les groupes allemands, l'ensemble du marché européen est affecté par les importations à bas prix de charbon des Etats-Unis, lié à l'exploitation du pétrole de schiste, qui font concurrence aux centrales à gaz.

Christoph Steitz; Constance De Cambiaire et Julien Dury pour le service français

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