Dyneff transforme les déchets viniques en carburant

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Le pétrolier languedocien cherche des partenaires viticoles pour réussir sa diversification.

Transformer les déchets de la vigne en carburant. C'est l'ambitieux et surprenant projet du groupe pétrolier Dyneff, propriété du kazakh Rompetrol depuis 2006. Le procédé existe déjà mais il est peu répandu en raison de son coût, plus élevé que l'extraction à base de betteraves. Mais dans le Languedoc, le plus grand vignoble de France, la démarche du pétrolier, qui réalise 2,2 milliards d'euros de chiffre d'affaires et moins de 1,5% de marge nette, a du sens.

«Nous produisons déjà un superéthanol E85 composé à 85% d'éthanol issu de la distillation de betteraves, de cannes à sucre ou de céréales, et à 15% d'essence. Il est vendu à 0,95¤ le litre dans nos stations, explique Emmanuel Riu, le directeur général de Dyneff. Remplacer les céréales ou la betterave par de l'éthanol à base vinique comme le moût, le marc, ou la lie nous permettrait de valoriser ce qui est aujourd'hui un déchet, sans condamner la vocation agroalimentaire des surfaces agricoles. Nous cherchons aujourd'hui des partenaires du secteur viticole pour installer chez eux des unités de transformation. C'est un projet à l'horizon quatre ou cinq ans.»

Le carburant à base d'éthanol est une paille et représente moins d'1% de l'offre de Dyneff, qui a commercialisé 2,3 milliards de litres de produits pétroliers en 2012. Doté d'un réseau de distribution de 120 stations-service (dont 90 en franchises) au sud d'une ligne Bordeaux-Lyon et du réseau autoroutier Rompetrol, Dyneff ne mise pas sur le développement de ses stations.

Stations-service vitrines

«Nous étudions toute possibilité de rachat ou d'aide au maintien, mais ce n'est pas vraiment notre core business, selon Emmanuel Riu. Nos stations-service sont essentiellement des vitrines. Elles ont une double identité paneuropéenne et locale. Les routiers venant de l'est de l'Europe reconnaissent Rompetrol sur les autoroutes, alors que nos stations-service Dyneff proposent davantage un maillage local ou très rural notamment en Languedoc-Roussillon», où est née la compagnie pétrolière en 1958. «S'il doit y avoir un développement de nos stations, hors autoroute, ce sera dans le sud car nous n'avons pas la taille critique pour nous installer à Dole ou Besançon.»

L'entreprise n'est pas gênée de voir Total créer des stations Total Access réputées moins chères ou les hypermarchés vendre leur carburant à prix coûtant. La raison? Dyneff approvisionne elle-même la grande distribution. «Le négoce représente 60 à 70% de notre activité. 20 à 25% dépendent de la distribution auprès d'entreprises qui disposent de parc, comme le transporteur Norbert Dentressangle.»

Associée en joint-venture avec d'autres entreprises du secteur, l'entreprise est actionnaire d'énormes dépôts de carburants à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) et a récemment loué des capacités de stockage dans des dépôts parisiens «afin de dupliquer ce que l'on sait faire dans le sud, en confortant notre position auprès de ceux qui nous font déjà confiance, et aller chercher d'autres transporteurs et revendeurs nationaux en région parisienne.»

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  • lsleleu le jeudi 22 aout 2013 à 08:59

    Pourquoi pas quand le brut sera a 200 $ le barril !