Duterte, une "immense déception" pour l'ex-président Ramos

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    MANILLE, 10 octobre (Reuters) - Le gouvernement de Rodrigo 
Duterte est une "immense déception", a estimé l'ancien président 
philippin Fidel Ramos, qui fut l'un des mentors de l'actuel chef 
de l'Etat. 
    Elu en mai dernier, Duterte, qui en termine avec ses 100 
premiers jours au pouvoir, jouit d'une popularité très forte 
parmi ses compatriotes. 
    Mais Ramos, qui a présidé les Philippines de 1992 à 1998, 
estime qu'il se fourvoie en faisant de la guerre contre la 
drogue la priorité de son action au détriment de la pauvreté, du 
coût de la vie, des investissements étrangers ou bien encore du 
chômage. 
    Il déplore, dans les colonnes du Manila Bulletin, que 
Duterte "se soit perdu dans des controverses sans fin sur les 
exécutions extrajudiciaires de narco-suspects et par son recours 
à l'insulte au lieu d'un langage civilisé". 
    Depuis le 30 juin, date de sa prise de fonction, la 
répression engagée contre le trafic de drogue, promesse de 
campagne de Duterte, a fait plus de 3.600 morts, dont 1.377 tués 
par des policiers en opération. 
    Selon un sondage SWSP publié jeudi dernier, 64% des 
Philippins se disent satisfaits de l'action de Duterte, contre 
11% seulement d'un avis contraire. Seul Ramos dans l'histoire 
récente des Philippines a fait mieux avec un score de 66% 
d'opinions favorables à ce même stade précoce de son mandat. 
    Un autre sondage paru vendredi a révélé que 84% des 
Philippins interrogés soutenaient sa politique de répression 
contre les narcotrafiquants, même si une majorité d'entre eux 
estiment qu'il est important de les arrêter vivants plutôt que 
morts. 
    Ramos, dont Duterte a fait son envoyé spécial dans le 
dossier des relations avec la Chine, cite aussi en exemple les 
"envolées délirantes" du président philippin contre Barack Obama 
début septembre, au moment où ses ministres de la Défense et de 
l'Economie se trouvaient aux Etats-Unis.  
    Avant un sommet de l'ASEAN, Duterte avait employé à 
l'endroit du président américain l'équivalent philippin de "fils 
de pute", provoquant l'annulation d'une rencontre bilatérale 
entre les deux chefs d'Etat.   
    La semaine dernière, il a estimé qu'Obama pouvait "aller au 
diable" et s'est dit prêt à la rupture avec les Etats-Unis. 
    A chaque fois, ce sont des critiques de Washington sur sa 
politique de lutte contre le trafic de drogue qui ont provoqué 
ces sorties. 
 
 (Martin Petty; Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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