Duterte, le "Trump philippin", en passe de devenir président

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 (Actualisé avec Poe concède sa défaite §6) 
    MANILLE, 9 mai (Reuters) - Rodrigo Duterte est pratiquement 
assuré de devenir le nouveau président des Philippines, selon 
des résultats encore partiels qui donnent le candidat populiste, 
parfois présenté comme le "Donald Trump local", nettement en 
tête. 
    Après dépouillement d'environ 70% des suffrages, les 
chiffres du Parish Pastoral Council for Responsible Voting 
(PPCRV), une organisation accréditée par la commission 
électorale pour superviser le scrutin, ne laissent aucun doute 
sur l'issue du scrutin. 
    Rodrigo Duterte, qui est âgé de 71 ans et dont le discours 
antisystème et la promesse d'éradiquer le crime et la corruption 
ont séduit les électeurs, notamment les plus jeunes, était 
largement en tête avec 12,1 millions des voix (39% des 
suffrages). 
    Ses deux plus proches poursuivants, la sénatrice Grace Poe, 
un temps donnée favorite, et Manuel Roxas, soutenu par le 
président sortant Benigno Aquino, ne totalisaient que 6,8 
millions de voix chacun. 
    Grace Poe a concédé sa défaite lundi soir. "Je renonce. Je 
respecte les résultats", a-t-elle dit devant la presse. "Duterte 
a un mandat. Donnons-lui une chance", a-t-elle ajouté. 
    L'élection présidentielle se joue sur un seul tour et les 
observateurs s'attendaient à ce que les quatre rivaux de Rodrigo 
Duterte reconnaissent rapidement leur défaite. 
    Ancien maire de Davao, sur l'île de Mindanao, où il a aussi 
gagné le surnom d'"Inspecteur Harry" pour ses méthodes musclées 
contre le crime, Rodrigo Duterte devrait succéder à Benigno 
Aquino, qui ne pouvait briguer un nouveau mandat. 
    Tout au long de sa campagne, le septuagénaire qui effectue 
ses premiers pas sur la scène politique nationale, n'a pas mâché 
ses mots contre les élites politiques. Ses attaques et le ton 
agressif de ses discours lui ont valu d'être comparé à Donald 
Trump, qui a dominé contre toute attente les primaires du Parti 
républicain aux Etats-Unis. 
    Lundi, il a également emboîté le pas du milliardaire 
new-yorkais en ciblant la Chine, avec laquelle il a néanmoins 
dit vouloir règler les conflits territoriaux en mer de Chine 
méridionale au moyen de négociations multilatérales incluant le 
Japon, l'Australie et les Etats-Unis. 
    Outre leur président, les quelque 54 millions d'électeurs 
inscrits devaient désigner le vice-président, 300 parlementaires 
et quelque 18.000 élus municipaux. 
    Selon les résultats encore partiels, "Bongbong" Marcos Jr, 
le fils de l'ancien dictateur Ferdinand Marcos, disposait d'une 
courte avance sur ses rivaux et était bien parti pour devenir 
vice-président. 
     
     
 
 (Martin Petty et Karen Lema; Nicolas Delame et Tangi Salaün 
pour le service français) 
 
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