Duterte accusé d'avoir ordonné des meurtres aux Philippines

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    MANILLE, 20 février (Reuters) - Le président philippin 
Rodrigo Duterte a dirigé un "escadron de la mort" lorsqu'il 
était maire de Davao, distribuant argent et instructions à la 
police ou à des tueurs pour éliminer des criminels, a affirmé 
lundi un ancien policier impliqué dans ces exécutions 
clandestines.  
    Au risque de contredire une précédente déclaration sous 
serment, dans laquelle il démentait l'existence même d'un tel 
"escadron", Arturo Lascanas a déclaré devant le Sénat philippin 
qu'il était un des chefs de cette cellule qui a commencé à 
opérer lorsque Duterte était maire de la grande ville du sud de 
l'archipel, en 1988.  
    Le chef de l'Etat a plusieurs fois démenti toute implication 
dans des meurtres extrajudiciaires, que ce soit en tant que 
président ou pendant ses vingt-deux années de mandat à la tête 
de la municipalité de Davao.  
    Selon des groupes de défense des droits de l'homme, environ 
1.400 meurtres suspects ont été recensés à Davao quand Duterte 
en était le maire.  
    Le chef de la police de Duterte a déclaré que l'existence 
d'un escadron de la mort à Davao était une fiction inventée par 
les médias, mais Arturo Lascanas a déclaré lundi qu'il ne 
s'agissait pas d'un mythe.  
    "C'est vrai, l'escadron de la mort de Davao existe", a-t-il 
dit. "Quand Duterte s'est installé pour la première fois dans le 
fauteuil de maire, nous avons commencé à 'sauver' des gens, ces 
personnes soupçonnées de crime à Davao. Nous avons appliqué les 
ordres personnels que nous donnait le maire Duterte." 
    Selon lui, les membres de l'escadron touchaient de 20.000 à 
100.000 pesos (375 à 1.875 euros) par meurtre, en fonction de la 
"valeur" de la cible.  
    Lascanas a livré des détails de son implication dans un 
attentat à la bombe contre une mosquée et l'assassinat d'une 
famille d'un kidnappeur présumé, parmi lesquels une femme 
enceinte, un jeune garçon et une personne âgée. Des actions 
selon lui ordonnées par Rodrigo Duterte.  
    Salvadore Panelo, conseil juridique du président, a dénoncé 
une "fabrication", un "nouveau récit erroné". 
    Le témoignage de Lascanas est le deuxième à mettre en cause 
le rôle de Duterte à Davao, après celui d'un tueur à gages, 
Edgar Matobato, en septembre dernier.   
 
 (Karen Lema, Neil Jerome Morales; Jean-Stéphane Brosse pour le 
service français) 
 
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  • M7097610 il y a 9 mois

    il s'en vantait lui même...durant la campagne électorale. Le pire dirigeant sur terre avec la corée du nord