Duel incertain en Normandie réunifiée

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RÉSULTATS INCERTAINS POUR LA RÉGION NORMANDIE, QUE CONVOITE HERVÉ MORIN
RÉSULTATS INCERTAINS POUR LA RÉGION NORMANDIE, QUE CONVOITE HERVÉ MORIN

par Pierre-Henri Allain

RENNES (Reuters) - Un duel relativement incertain s'annonce en Normandie entre le socialiste Nicolas Mayer-Rossignol, président sortant de Haute-Normandie, et l'UDI Hervé Morin, ancien ministre de la Défense de Nicolas Sarkozy que les sondages donnent favori.

Hervé Morin, qui a rassemblé l'UDI, Les Républicains, le MoDem et même le parti "Chasse, pêche, nature et tradition" sur ses listes sait pouvoir capitaliser sur la forte poussée de la droite lors des dernières élections départementales.

Au premier tour, selon BVA, Hervé Morin, à la tête d'une liste Les Républicains-UDI-MoDem, arriverait en première position avec 30% des suffrages, devant la liste Front national de Nicolas Bay (27%) et la liste PS-PRG du président sortant de la région Haute-Normandie, Nicolas Mayer-Rossignol (23%).

Ce dernier dispose toutefois de grosses réserves de voix : le Front de gauche est crédité de 9% et les Verts de 7%.

Après la défaite du Parti socialiste dans l'Eure et en Seine-Maritime, fief de Laurent Fabius que le PS détenait depuis 2004, les cinq départements de la Normandie réunifiée sont passés à droite.

Le député-maire UDI de la petite commune d'Epaignes (Eure) se défend toutefois de tout triomphalisme prématuré.

"Je ne sais vraiment pas ce que les électeurs vont tirer des derniers événements à Paris, mais ils auront forcément une résonance locale et régionale forte", déclare Hervé Morin à Reuters en référence aux attentats du 13 novembre.

Pour lui, les élections se joueront sur "des critères nationaux", avec "un PS profondément discrédité".

Mais le Front national, emmené par Nicolas Bay, secrétaire général et figure montante du parti, compte bien créer la surprise après ses bons résultats aux élections européennes (29% au premier tour) et départementales (26,2%).

"DES CHARLATANS"

Entre l'ancienne Basse-Normandie, plutôt rurale, et l'ex-Haute-Normandie à forte activité industrielle, le parti de Marine Le Pen veut jouer les trouble-fête.

"Ce sont des charlatans qui n'ont jamais rien fait pour la région, des voleurs de voix qui s'en vont après l'élection", dénonce Nicolas Mayer-Rossignol en évoquant les six conseillers régionaux sortants du FN.

Hervé Morin estime qu'une campagne axée sur l'entreprise et l'activité économique est le meilleur repoussoir.

"La meilleure des politiques sociales est de créer des emplois", répète-t-il. Il s'est ainsi engagé à la création d'une agence de développement qui pourra soutenir l'investissement, l'innovation et l'exportation des entreprises normandes.

L'ancien ministre plaide également pour un équilibre entre les trois grandes métropoles -- Caen, Le Havre, Rouen -- de la région réunifiée (3,3 millions d'habitants) et "un monde rural abandonné."

Face à lui, Nicolas Mayer-Rossignol, le jeune président sortant du conseil de Haute-Normandie, 38 ans, met en avant son bilan et la bonne gestion de la région, "premier investisseur local" dont le taux d'endettement serait le plus faible de France. Proche de Laurent Fabius, il escompte un bon report des voix de gauche au second tour, Europe Ecologie-Les Verts et le Front de Gauche.

"Je n'ai aucun adversaire à gauche", assure le candidat socialiste qui se félicite d'avoir rallié "les amis de Robert Hue et le mouvement de l'ex-ministre de l'Environnement Corinne Lepage (Cap21).

(Edité par Sophie Louet)

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  • M3435004 le dimanche 29 nov 2015 à 17:43

    La raclée, c'est maintenant. Avant le grand coup de balai.