Duel des statues de Jeanne d'Arc entre Le Pen père et fille

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    * Deux figures du FN aux côtés de Jean-Marie Le Pen 
    * Le parti a menacé d'exclusion ceux qui s'afficheraient 
avec lui 
    * Un banquet remplace le défilé FN du 1er mai 
 
    par Gérard Bon 
    PARIS, 1er mai (Reuters) - Marine Le Pen a changé dimanche 
de statue pour pouvoir honorer Jeanne d'Arc sans croiser le fer 
avec son père Jean-Marie, qui, furieux de l'abandon du 
traditionnel défilé du Front national, a rassemblé ses partisans 
sous le slogan "Jeanne, au secours". 
    Le fondateur du FN, qui a été exclu du parti en août 
dernier, a réuni quelques centaines de fidèles place des 
Pyramides, au pied de la statue équestre du Ie arrondissement de 
Paris qu'il avait célébrée l'an dernier. 
    Les menaces de l'état-major du FN promettant des sanctions 
contre les cadres du parti qui s'afficheraient avec Jean-Marie 
Le Pen n'ont pas impressionné le député européen Bruno 
Gollnisch, fidèle du "menhir", ni Marie-Christine Arnautu, 
vice-présidente. 
    Tous deux sont montés à la tribune aux côtés du président 
d'honneur du FN sous les acclamations de l'assistance.  
    Interrogé sur l'attitude de Bruno Gollnisch et de 
Marie-Christine Arnautu, Nicolas Bay, le secrétaire général du 
FN a simplement répondu: "Le bureau politique évoquera cette 
question demain". Bruno Gollnisch a jugé pour sa part Marine Le 
Pen "trop intelligente" pour l'exclure. 
    Jean-Marie Le Pen a réaffirmé que l'abandon du défilé de 
Jeanne d'Arc s'inscrivait dans "une dérive politique" qui s'est 
également traduite par son exclusion du parti au nom d'une 
"dédiabolisation" qu'il juge contreproductive.  
    "Mon exclusion avait évidemment une signification 
emblématique comme le fut la décapitation du roi Louis XVI par 
les révolutionnaires de 1793", a-t-il lancé. 
    Le député européen n'a pas épargné sa fille, affirmant 
qu'elle "sera battue" au deuxième tour de la présidentielle , 
peut-être même "au premier", si elle ne change pas de stratégie. 
  
    Des fidèles de Jean-Marie Le Pen s'en sont pris dans des 
pancartes à Florian Philippot, le numéro 2 du FN, qu'ils ont 
comparé à l'évêque Pierre Cauchon, qui fit brûler Jeanne d'Arc. 
     
    "TOUS LES MILLE ANS" 
    "La France ne donne un homme comme Jean-Marie Le Pen que 
tous les mille ans", a dit à Reuters Farid Smahi, un ancien 
conseiller régional qui a quitté le parti lorsque Marine Le Pen 
en a pris la tête en 2011.  
    Pour éviter son père, la présidente du FN a choisi une autre 
statue située place Saint-Augustin, dans le VIIIe 
arrondissement, où elle a déposé une gerbe environ une heure 
plus tard en compagnie du bureau politique, sans faire de 
déclaration. 
    Officiellement, le parti a renoncé à défiler de la place des 
Pyramides jusqu'à celle de l'Opéra pour des raisons de sécurité 
après des menaces de l'Etat islamique (EI). 
    Mais à un an de la présidentielle, la direction voulait 
éviter de nouvelles images désastreuses comme celle de 
Jean-Marie Le Pen s'invitant l'an dernier à la tribune place de 
l'Opéra ou de l'irruption des Femem. 
    Elle a donc innové en organisant un banquet "populaire et 
patriotique" qui devait rassembler à l'heure du déjeuner 2.500 
personnes porte de la Villette, à Paris.  
 
 
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