Duel à fleurets mouchetés entre Fillon et Juppé

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DUEL À FLEURETS MOUCHETÉS ENTRE FILLON ET JUPPÉ
DUEL À FLEURETS MOUCHETÉS ENTRE FILLON ET JUPPÉ

par Sophie Louet

PARIS (Reuters) - François Fillon, favori pour l'investiture présidentielle à droite, et Alain Juppé, "outsider" malgré lui, se sont mesurés jeudi soir avant le second tour de la primaire dans un débat où la retenue l'a emporté pour éviter de nouveaux déchirements.

Après trois jours d'affrontements consécutifs à la qualification surprise de l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy avec 44,1% des voix contre 28,6% au maire de Bordeaux, les deux prétendants ont ostensiblement joué l'entente cordiale, quitte à noyer l'enjeu sous des échanges techniques.

Dans ce débat à l'image des duellistes - policé, quelque peu crispé, lesté d'une évidente lassitude -, la polémique lancée dans les médias par Alain Juppé sur la position de François Fillon relativement à l'avortement a donné lieu au seul moment de tension palpable.

"Evidemment je ne toucherai à rien dans ce domaine, c'est la loi Veil, toute la loi Veil", s'est défendu François Fillon.

"Je trouve que le procès qui m'a été fait depuis quelques jours n'est pas correct", a-t-il poursuivi à l'adresse d'Alain Juppé qui avait jugé "ambiguë" ses propos sur l'IVG.

"Je n'ai fait aucun procès (...), j'ai juste posé une question", a répliqué le maire de Bordeaux. "Il y a des questions qui ressemblent à des procès", a dit François Fillon.

Alain Juppé a alors évoqué la "campagne ignominieuse" dont il a été la cible sur les réseaux sociaux, où il a été accusé de collusion avec le salafisme et d'antisémitisme, et a dénoncé l'absence de réaction des fillonistes.

"Il ne faut pas exagérer non plus : quand je me fais traiter d'homophobe tous les matins, je ne t'ai pas entendu non plus prendre la parole pour assurer ma défense. Chacun est grand et s'occupe de ses affaires", a lancé le député de Paris.

"ON PREND LES PARIS"

Au-delà de cette friction personnelle, l'échange a mis en évidence des différences d'approche sur la méthode de réforme, plus que sur le fond des projets.

"La réforme ce n'est pas la pénitence, c'est l'espérance", a souligné Alain Juppé.

Le chiraquien a ainsi une nouvelle fois interpellé son rival, qui propose un programme économique libéral, sur son projet de réduire de 500.000 le nombre de fonctionnaires en cinq ans en portant "progressivement" la durée hebdomadaire du travail de 35 heures à 39 heures.

"C'est vrai que mon projet est plus radical, peut-être plus difficile", mais il "rompt avec une forme de pensée unique qui s'est déchaînée depuis quatre jours", a plaidé François Fillon.

Dans une France qu'il juge "au bord de la révolte", face à un modèle social qui "prend l'eau de partout", il a estimé légitime que les fonctionnaires (5,7 millions en France) "accomplissent un effort de travail supplémentaire pour permettre au pays de se redresser".

Impossible a répliqué Alain Juppé : "On prend les paris", a-t-il lancé. "On ne peut pas demander à des fonctionnaires de travailler plus pour gagner moins."

"JE SENS UNE VAGUE"

"Ça veut dire en fait qu'Alain Juppé ne veut pas vraiment changer les choses", a riposté François Fillon, reprenant à son compte le registre de Nicolas Sarkozy, qui accusait Alain Juppé avant le premier tour d'oeuvrer à une "alternance molle".

Face à un François Fillon estimant avoir remporté "une victoire idéologique" lors du premier tour, Alain Juppé a insisté de nouveau sur le rassemblement, estimant que "les déçus du hollandisme" étaient aussi des "déçus du sarkozysme", et a vanté la "diversité" de l'identité française.

"J'ai confiance en vous et nous allons continuer ensemble", a-t-il dit, alors qu'il accuse un déficit de plus de 665.000 voix sur François Fillon.

"Il y a trois ans, quand j'ai commencé ma campagne, j'étais seul. Aujourd'hui, nous sommes des millions. Je sens une vague qui se lève", a dit pour sa part François Fillon.

A la question de savoir s'ils éprouvaient des regrets au sortir de cette bataille au long cours, le député de Paris a répondu : "C'est d'avoir mis autant de temps à convaincre".

Alain Juppé, qui avait survolé les sondages depuis son entrée en lice en août 2014, a lâché "J'en ai beaucoup", avant de se reprendre : "Non en fait pas tellement. (...) Je vais réfléchir à votre question". Comme si l'épilogue était déjà connu.

Un sondage Ifop-Fiducial donnait mercredi François Fillon gagnant avec 65% des suffrages ([nL8N1DO52Z]] et une enquête Elabe montrait jeudi soir que François Fillon avait été jugé le plus convaincant par 57% des téléspectateurs contre 41% pour Alain Juppé.

(Edité par Yves Clarisse)

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  • M7163258 il y a 12 mois

    phili646 Ne sait plus comment discréditer Fillon il ose même présenter un scénario incroyable, totalement arbitraire, hyper subjectif, né dans son esprit contrarié et de son impuissance...Fillon est actuellement le meilleur rempart contre la montée du FN et particulièrement celle de Marine Lepen ! Que cela ne vous plaise pas ok ! Mais voilà c’est ainsi, il faudra vous y faire :)

  • M7163258 il y a 12 mois

    M1961G Dans les pays scandinaves le travail jusqu'au delà des 65 ans se pratique, en France des initiatives et des entreprises qui ont compris l'intérêt d'avoir des personnes qualifiées ayant de l'expérience, désireuses de transmettre (surtout de travailler réellement) embauchent des plus de 55 ans...C'est une affaire de volonté et de politique...

  • M7163258 il y a 12 mois

    M1961G Vous savez exactement ce que va faire Fillon vous ? Et ce qui va advenir du chômage de masse? Vous êtes devin ou tout simplement énervé du succès mérité, plébiscité de François Fillon ?

  • mlaure13 il y a 12 mois

    Voici ce que nous coûte la pléthore de fonctionnaires depuis Tonton 1er…plus des 2/3 de la dette souveraine soit 15 000 Mrds€ sur 22 000 Mrds€…Rapport établi par la Cour des compte présidée par le PS…Si avec ça, vous n’avez pas encore compris, c’est à désespérer…( je crois que c’est à désespérer) … ;-(((

  • mlaure13 il y a 12 mois

    M1961G…FILLON n’a-t-il pas dit qu’il voulait faire inscrire dans la constitution, égalité de retraite pour TOUS…donc supprimer les avantages scandaleux des fonctionnaires… ;-(((

  • M1961G il y a 12 mois

    30% de français après 55 ans n'ont plus de travail . entre 60 et 65 ans , seul 1 français sur trois aura encore un travail . alors avant de réformer , fillon doit expliquer comment , il incite les patrons à garder les salariés . fillon prévoit il d'obliger les patrons à garder leur salariés entre 55 et 65 ans en menant devant la justice ces patrons voyous . la france n'est pas l'allemagne .

  • M1961G il y a 12 mois

    fillon va créer 1 million de chômeur en plus . faire travailler 39 h payé 35 ou 37 n'est pas possible . par conséquent travailler 39 h payé 39 donne du pouvoir d'achat à celui qui travaille , mais naturellement crée du chômage . l'allongement de l'âge légal du départ à la retraite de 60 à 65 ans va créer aussi 1 million de chômeur en plus .

  • M1961G il y a 12 mois

    on attend naturellement avec impatience qu'un candidat de gauche soit crédible pour battre la droite en 2017 . comme la droite est contre le travailleur , il reste donc la gauche ou le fn . entre fillon et marine en 2017 , il va de soit que marine a un programme plus égalitaire pour les travailleurs . le fn peut l'emporter en 2017 sans probléme . le brexit , c'est fait . trump , c'est fait . le fn peut donc créer la surprise .

  • M1961G il y a 12 mois

    le programme de fillon et de juppé attaque clairement les travailleurs . la droite ne sert que les intérêts des rentiers . on travaille plus , pour gagner moins et surtout on retouche une troisième fois à la retraite . en réalité , seul le travailleur fait un effort pour le pays et pas les retraités riches qui ont pourtant vidés les caisses . l'effort doit être pour tout les français .

  • janaliz il y a 12 mois

    Quelle différence avec les marchands de tapis et d'illusions de la gauche et de l'extrême droite. Quand on voit le pilonnage de la plus jeune des Le Pen depuis dimanche soir contre FF on se rend compte que la sérénité ne règne plus vraiment aux extrêmes.