Dudley (Fed) inquiet du resserrement des conditions financières -MNI

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    NEW YORK, 3 février (Reuters) - Les conditions financières 
se sont nettement durcies depuis que la Réserve fédérale a 
entamé en décembre le relèvement de ses taux d'intérêt et les 
responsables de la politique monétaire devront prendre ce 
facteur en considération s'il persiste, a déclaré mercredi 
William Dudley, le président de la Fed de New York, à l'agence 
MNI. 
    Il a ajouté que la dégradation des perspectives économiques 
mondiales et l'appréciation du dollar pourraient avoir des 
conséquences "importantes" sur la santé de l'économie 
américaine.  
    "Une des choses que, je crois, nous pouvons dire avec plus 
d'assurance, c'est que les conditions financières sont 
considérablement plus tendues qu'elles ne l'étaient au moment de 
la réunion de décembre", a dit ce membre du Federal Open Market 
Committee (FOMC) qui dispose d'un droit de vote permanent.  
    "Donc, si ces conditions financières devaient rester les 
mêmes d'ici à notre réunion de mars, nous devrions prendre cela 
en considération en termes de décisions de politique monétaire", 
a-t-il ajouté.  
    La Fed, en relevant mi-décembre le taux des fonds fédéraux 
pour la première fois depuis 2006, a évoqué la possibilité de 
quatre hausses supplémentaires cette année, mais rares sont 
désormais les investisseurs et les économistes indépendants qui 
jugent encore ce scénario valable.  
    La semaine dernière, le FOMC a reconnu que les turbulences 
subies depuis décembre par les marchés financiers pourraient 
assombrir l'horizon.   
     
    LE CRÉDIT "CORPORATE" DE PLUS EN PLUS CHER 
    Les déclarations de William Dudley à MNI constituent de ce 
point de vue le dernier en date des constats dressés par les 
responsables de la politique monétaire de la dégradation du 
contexte économique et financier, marquée par la chute des 
Bourses et le renchérissement des coûts de financement des 
entreprises.  
    Robert Kaplan, président de la Fed de Dallas, a ainsi 
déclaré la semaine dernière à Reuters qu'il prêtait une 
attention particulière au creusement des spreads, les écarts de 
rendement sur le marché des obligations d'entreprise les mieux 
notées.  
    Selon les données de Bank of America Merrill Lynch, l'écart 
entre les rendements des obligations "corporate" notées en 
catégorie d'investissement et ceux des emprunts d'Etat 
américains a atteint son plus haut niveau depuis 2012.  
    Ce creusement signifie que les investisseurs exigent 
aujourd'hui une prime de risque accrue pour détenir des emprunts 
d'entreprise plutôt que de la dette publique.  
    Dans une enquête trimestrielle sur le crédit publiée cette 
semaine, la Fed note par ailleurs que les banques américaines 
déclarent s'attendre à resserrer les conditions du crédit cette 
année pour les entreprises et l'immobilier commercial.  
    La prochaine réunion du FOMC doit avoir lieu les 15 et 16 
mars. Le marché des futures de taux intègre une probabilité très 
faible d'une nouvelle hausse de taux à cette occasion.  
 
 (Dan Burns; Marc Angrand pour le service français, édité par 
Véronique Tison) 
 
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