Du pouvoir d'achat au ciel gris, un climat défavorable à la consommation

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Selon une étude Protourisme, la météo pourrie du printemps a entraîné un manque à gagner d'au moins 700 millions d'euros dans l'Hexagone.

Les commerçants se préparent à un «millésime 2013» des soldes d'été pour le moins maussade. Certes, les Français n'entendent pas renoncer à ce sacro-saint rendez-vous annuel. 71 % d'entre eux comptent ainsi faire les soldes, selon un sondage de l'institut Ipsos. Pour la plupart d'entre eux (80 %), il s'agit de «relâcher la pression et de se faire plaisir».

Mais ils seront plus nombreux cet été à résister à la tentation (29 % ne feront pas les soldes, contre 23 % en 2012). Et la retenue est bel et bien d'actualité cette année. Le budget moyen devrait ainsi passer de 223 euros l'an passé à 208 euros cette année, selon Ipsos. La faute au «sentiment de crise» qui pèse sur les ménages, 58 % des sondés estimant que le gros de la crise est encore à venir.

Si l'habillement est le premier secteur à en faire les frais, presque aucun n'est épargné. «Même les secteurs qui résistent bien traditionnellement, comme le bricolage, le jardinage ou l'alimentaire sont touchés, détaille Aude de Moussac, consultante grande consommation chez Kurt Salmon. Globalement, dans la morosité ambiante, les consommateurs ont tendance à faire des coupes budgétaires plus fortes que la baisse réelle de leur pouvoir d'achat.»

Et pour cause. À son tour, la France est entrée en récession. L'an passé, pour la deuxième fois depuis 1949, les dépenses des ménages ont reculé (-0,4 %). Plus inquiétant encore, le pouvoir d'achat mesuré «par unité de consommation» - qui tient compte de la croissance de la population et de la composition d'un ménage, donc de la mutualisation de certaines dépenses (habitation, électroménager...) - a reculé de 1,5 %, en raison notamment de la hausse des impôts.

À cela s'ajoutent le froid et la pluie qui n'incitent pas à flâner dans les rues et à faire du shopping. Selon une étude Protourisme, la météo pourrie du printemps a entraîné un manque à gagner d'au moins 700 millions d'euros dans l'Hexagone. Parmi les secteurs les plus touchés, on trouve le tourisme, l'agriculture, le BTP, le mobilier de jardin et les jouets en plein air.

«Double peine»

Même l'alimentaire, qui résistait tant bien que mal, subit cette «double peine» de la crise et de la météo: les volumes vendus en hypers et supermarchés ont reculé de 0,5 % au printemps, selon IRI. Cela faisait cinq ans que cela ne s'était pas produit à cette période de l'année. Parmi les produits les plus touchés, on trouve ceux qui sont les plus sensibles à la météo comme les glaces et les boissons sans alcool.

Il n'empêche, si la consommation est en berne, il reste quelques exceptions. La preuve que, même s'ils se serrent la ceinture, les Français n'ont pas renoncé à s'accorder quelques plaisirs et qu'une vraie concurrence existe entre les postes de dépenses. Quand les achats de vêtements (-2 % en 2012, selon l'Insee), d'équipement de la maison (-3,7 % pour les meubles) ou de livres presse (-3,6 %) s'effondrent, ceux de smartphones (+66,5 %) et de tablettes (+9,8 % pour les équipements informatiques) ne se sont jamais aussi bien portés.

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