Du maquillage au final : dans les coulisses du défilé Jean Paul Gaultier

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Défilé Jean Paul Gaultier haute couture Printemps-Eté 2013 AFP PHOTO /PIERRE VERDY
Défilé Jean Paul Gaultier haute couture Printemps-Eté 2013 AFP PHOTO /PIERRE VERDY

(AFP) - Un noir charbonneux est posé sur les paupières de Marie. Daniela a les pieds safran. Dans les coulisses du couturier Jean Paul Gaultier, l'inspiration indienne de la collection haute couture se fait omniprésente à mesure qu'approche le défilé, qui sera très applaudi.

Il est à peine 13h00 mercredi et le défilé est prévu à 14h30 mais chacun sait, en coulisse comme chez les invités, qu'il ne débutera pas avant 15h00, un retard devenu habituel.

Marie Meyer, mannequin cabine chez le couturier et qui présentera la mariée, est immobile face à Lloyd Simmonds.

Il signe , pour la première fois d'ailleurs, le maquillage du défilé. Si Jean Paul Gaultier travaille avec ses équipes depuis un bon mois à plein temps sur la collection, lui a découvert le thème il y a une semaine. Même chose pour la célèbre coiffeuse Odile Gilbert, qui travaille depuis quinze ans avec le couturier.

"Il a des idées très précises de ce qu'il veut, moi j'exécute!", raconte-t-elle à l'AFP. L'histoire de la collection: "Des gypsies indiennes du Rajasthan", a expliqué interview après interview le couturier, disponible malgré l'agitation ambiante.

Lloyd Simmonds a donc imaginé "un oeil charbonneux très allongé avec dans le coin vers le nez un peu de lumière, des paillettes blanches et un strass", dit le maquilleur, venu avec une quinzaine de personnes s'occuper de 30 mannequins.

Odile Gilbert travaille avec une équipe de taille identique pour faire cette fois des coiffures "avec du volume, une tresse qui part du bas de la nuque et une autre très longue qui jaillit du chignon au sommet de la tête".

Tanel, mannequin fétiche de Jean Paul Gaultier et fidèle collaborateur depuis 28 ans, est comme une tour de contrôle pour faire avancer les choses "en douceur", mais il espère que maquillage et coiffures seront "terminés pour 14h00". Difficile, quand des mannequins venues du défilé précédent, comme Cora, arrivent encore à 13h50, affamées.

Pendant ce temps, des portants traversent un à un la pièce pour tenter de rejoindre la grande cabine où les tenues avec leurs accessoires sont rangées par mannequin.

L'influence indienne se confirme peu à peu avec ce cardigan "reptile" blanc imprimé toile de Jouy à motif indien sang-de-boeuf ou cette robe de patchworks richement brodés, "comme si Scarlett O'Hara avait troqué les rideaux d'Autant en emporte le vent pour des morceaux de vieilles robes", dit le couturier hilare.

Alors que le défilé approche, Jean Paul Gaultier prend le temps de répondre aux interviews, comme après le show.

Vers 14h30, dans la salle, les invités arrivent. Les célébrités un peu plus tard, comme les actrices espagnoles Rossy de Palma et Paz Vega, la Française Catherine Deneuve, une habituée, et l'humoriste Florence Foresti.

15h10, Le défilé commence et la magie opère: le thème est indien, mais la couture française. La patte Gaultier se reconnaît sur des vestes anatomiques portées avec des pantalons sarouels en mousseline, dans des robes longues aux plissés tenus pour assurer un corps de sirène puis relâchés vers les jambes pour une belle ampleur.

Au fur et à mesure, les couleurs envahissent la garde-robe, les ambre, safran, pavot ou cardamome trouvent leur point d'attache. Le travail des ateliers étincelle dans des volumes comme en suspension ou des drapés délicats.

La mariée n'a plus qu'à apparaître sur une version Bollywood de "La vie en rose". La robe est impressionnante avec ses cascades de tissu blanc et broderies blanches ou argent sur une crinoline d'où s'échappent quatre enfants, trop contents d'avoir joué un tour de passe-passe aux invités.

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