DSK poursuit plusieurs journaux et Henri Guaino

le
0

PARIS (Reuters) - Dominique Strauss-Kahn et son épouse Anne Sinclair ont annoncé mardi des poursuites judiciaires contre plusieurs médias et contre Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, pour des articles et propos tenus sur leur vie privée.

Les avocats de l'ancien directeur général du FMI poursuivront pour atteinte à la vie privée L'Express, Le Figaro, Le Nouvel Observateur, Paris Match et VSD après "l'avalanche d'articles de presse s'exonérant de tout objectif d'information légitime du public", disent les avocats dans un communiqué.

Les articles ont trait à la vie sexuelle et affective de Dominique Strauss-Kahn et à la situation de son couple.

Paris Match est également poursuivi pour "atteinte au droit à l'image" du couple en raison d'une photo de "une" où l'on voit "DSK" et Anne Sinclair échanger un baiser. Les plaignants affirment que cette photo a été prise et utilisée à leur insu.

Henri Guaino fera par ailleurs l'objet d'une plainte pour diffamation pour des propos tenus sur Paris Première, où le conseiller avait estimé que le comportement prêté à "DSK" était à la frontière "entre délinquance et vie privée" et pénalement répréhensible, a précisé l'un des avocats, Richard Malka.

Ces procédures, qui devraient être matérialisées dans les prochains jours, seront jugées directement concernant les médias, dans un délai de plusieurs mois, tandis qu'Henri Guaino devrait être mis en examen automatiquement avant que ce volet des poursuites soit abordé devant le tribunal.

"Ni Anne Sinclair ni Dominique Strauss Kahn n'entendent limiter la libre expression des idées et la diffusion de l'information mais ils n'acceptent pas pour autant que leur intimité soit exploitée et jetée en pâture à des fins exclusivement mercantiles", peut-on lire dans le communiqué.

Dominique Strauss-Kahn, qui a bénéficié d'un abandon des poursuites aux Etats-Unis, où il était accusé d'avoir agressé sexuellement une femme de chambre d'un hôtel en mai dernier à New York, voit son nom cité dans une affaire de proxénétisme impliquant à Lille des policiers et des hommes d'affaires.

"LYNCHAGE MÉDIATIQUE"

Il a demandé à être entendu par la justice pour faire cesser ce qu'il qualifie de "lynchage médiatique", une procédure déjà envisagée par les enquêteurs qui n'ont toutefois pas l'intention de procéder à son audition avant d'en avoir terminé avec celles des protagonistes les plus directement soupçonnés.

Cette instruction a mis au jour des voyages avec des prostituées en 2010 et 2011 à Paris et aux Etats-Unis au profit apparent de Dominique Strauss-Kahn, organisés par des entrepreneurs locaux et un policier.

Les médias incriminés ont publié des textos de Dominique Strauss-Kahn retrouvés par la police dans la mémoire des téléphones portables de protagonistes, qui paraissent montrer que le patron du FMI convenait avec des amis de rencontres dans divers endroits d'Europe avec des femmes. Il n'est pas question explicitement de prostituées.

Un des correspondants, Fabrice Paszkowski est écroué depuis fin octobre pour "proxénétisme en bande organisée, association de malfaiteurs, abus de biens sociaux", de même qu'un autre organisateur présumé de ces voyages, David Roquet, employé d'une filiale du groupe de BTP Eiffage.

"DSK" ne peut être poursuivi pour ses relations éventuelles avec des prostituées, qui ne sont pas illégales en France.

En revanche, le bénéfice des dépenses payées par David Roquet et Fabrice Paszkowski, présentées notamment en note de frais à l'entreprise Eiffage, qui s'est constituée partie civile, peut constituer un "recel d'abus de biens sociaux" s'il est démontré que "DSK" connaissait l'origine des fonds.

Après l'abandon des poursuites aux Etats-Unis, Dominique Strauss-Kahn est rentré en France le 4 septembre, où le parquet de Paris a classé sans suite une autre plainte déposée par l'écrivain Tristane Banon, pour une agression sexuelle en 2003 jugée prescrite mais avérée par le parquet de Paris.

Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant