Droit d'asile-La Commission européenne avance des pistes de réforme

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    BRUXELLES, 6 avril (Reuters) - La Commission européenne a 
formulé mercredi plusieurs propositions de réforme des règles 
communautaires concernant le droit d'asile pour faire face à la 
crise migratoire qui menace la cohésion de l'Union.  
    Signe de la sensibilité du sujet, l'exécutif n'avance aucun 
projet concret mais se contente d'une série d'options pour 
modifier le "système de Dublin", en vertu duquel les demandes 
d'asiles doivent être déposées dans le pays d'entrée dans l'UE, 
alors que la Grèce et l'Italie, premières destinations des 
migrants, n'ont ni les moyens ni la volonté d'accorder l'asile à 
tous les réfugiés.  
    Beaucoup poursuivent leur route vers le Nord, ce qui a 
entraîné la fermeture des frontières sur la "route des Balkans" 
et menace l'espace Schengen, où la libre circulation des biens 
et des personnes est censée être garantie.  
    La première des options proposées par Bruxelles consiste à 
simplifier le système de Dublin en le complétant par un 
"mécanisme d'équité correcteur" qui permettrait de répartir les 
demandeurs d'asile de façon à alléger le fardeau des pays 
d'entrée, méthode actuellement employée de façon informelle.  
    La seconde consiste à ignorer le point d'entrer dans l'UE et 
à répartir les demandeurs sur la base d'une "clé de répartition" 
permanente.  
     La Commission dit en outre envisager des mesures pour 
empêcher les mouvements secondaires au sein de l'UE en 
subordonnant certains droits "à l'enregistrement, au relevé des 
empreintes digitales, à la présence ainsi qu'au séjour dans 
l'Etat membre responsable".  
     "La crise des réfugiés a mis en évidence les lacunes de 
notre régime d'asile européen commun. Que les choses soient 
claires: les personnes ayant besoin d'une protection doivent 
continuer à en bénéficier et ne devraient pas avoir à confier 
leur vie aux passeurs. Mais le régime actuel n'est pas durable", 
constate Frans Timmermans, premier vice-président de la 
Commission, dans un communiqué. 
    "Dans l'immédiat, nous devons appliquer la législation en 
vigueur pour stabiliser la situation. Au-delà, nous avons besoin 
d'un système durable pour l'avenir, fondé sur des règles 
communes, un partage plus équitable des responsabilités et des 
canaux sûrs et légaux afin que les personnes nécessitant une 
protection en bénéficient dans l'UE", ajoute-t-il. 
 
 (Gabriela Baczinska, Jean-Philippe Lefief pour le service 
français, édité par Tangi Salaün) 
 
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