Drogue : «Quand je consommais, j'étais un vrai tyran...»

le , mis à jour à 09:57
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Drogue : «Quand je consommais, j'étais un vrai tyran...»
Drogue : «Quand je consommais, j'étais un vrai tyran...»

Comme leurs grands frères des Alcooliques anonymes, ils sont installés en cercle autour d'une table. Comme eux, ils se présentent par un prénom suivi de la formule : « Bonjour, je suis dépendant », à laquelle les autres répondent en écho. Dans cette salle de l'hôpital européen Georges-Pompidou (Paris XVe), ces hommes et ces femmes (une vingtaine au total) sont membres des Narcotiques anonymes. Les NA, pour faire plus simple. Et ce qui frappe immédiatement lorsqu'ils se mettent à parler, c'est qu'à aucun moment le « produit », source de leur dépendance, n'est nommé. Héroïne, cocaïne, médicaments... on n'en saura rien.

 

Si l'association existe depuis 1953 aux Etats-Unis, elle n'a vu le jour en France qu'en 1984. Mais elle compte désormais 146 réunions hebdomadaires sur tout le territoire, dont 65 à Paris. Et c'est en France que se tient jusqu'à ce soir à Port-Marly (Yvelines) une convention européenne des NA, accueillant spécialistes des addictions et dépendants en rétablissement venant de toute l'Europe. La seconde chose qui marque chez les NA, c'est leur jeunesse. Beaucoup de trentenaires dans cette salle parisienne. En France, la moyenne d'âge des membres de cette fraternité est de 44 ans. L'âge de raison nécessaire sans doute pour reconnaître qu'on souffre d'« une maladie incurable mais dont on peut arrêter la progression ». C'est Sophie* qui vient de donner cette définition de la dépendance en lisant à haute voix l'une des douze étapes du programme de rétablissement.

 

Après cet autre rituel, inspiré aussi des Alcooliques anonymes, le modérateur de la réunion souhaite faire parler ses camarades « de l'envie de consommer ». Les mains se lèvent pour prendre la parole. Eric se dit « speed et angoissé ». Il va bientôt déménager à Barcelone, en Espagne, avec femme et enfants. Cela fait plus de vingt ans qu'il vient dans ces salles. « Je suis ravi mais j'ai peur. Barcelone est ...

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