Draghi veut mieux encadrer la "banque de l'ombre" en Europe

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 (Actualisé avec nouvelles citations) 
    FRANCFORT, 22 septembre (Reuters) - Le marché des secteurs 
financiers dans la zone euro est en train de s'étendre, au-delà 
des banques, à ce que l'on appelle la "banque de l'ombre" 
("shadow banking"), ce qui nécessite de nouvelles règles afin de 
limiter les risques, a déclaré jeudi Mario Draghi, le président 
de la Banque centrale européenne (BCE). 
    Les établissements de crédit traditionnels souffrent d'une 
rentabilité faible et d'une réglementation plus stricte, ce qui 
favorise le transfert d'une partie de l'activité du secteur vers 
de nouveaux intermédiaires qui échappent au cadre réglementaire 
des banques et ne sont pas couverts par les mécanismes de 
garantie des dépôts. 
    "L'intermédiation financière continuant de passer des 
banques aux non-banques, nous devons adapter notre cadre 
politique", a dit Mario Draghi, qui s'exprimait en sa qualité de 
président du Comité européen du risque systémique (ESRB). 
    "Nous devons identifier les risques liés à cette migration 
et développer des outils pour les encadrer." 
    Il a précisé que la multiplication des décalages de 
liquidité, notamment chez certains fonds obligataires, était un 
motif particulier de préoccupation, la part des actifs 
illiquides augmentant rapidement.  
    Il a aussi jugé que le fonctionnement du marché des produits 
dérivés pouvait être amélioré, ce qui pourrait passer par une 
obligation de compensation centralisée. 
    "L'ESRB pense que le bon fonctionnement et la capacité de 
résistance systémique des marchés de dérivés peuvent être 
améliorés en exigeant des contrats de gré à gré standardisés 
faisant l'objet d'une compensation centralisée et échangés sur 
des Bourses ou des plates-formes électroniques", a-t-il dit.  
    Il a également évoqué le recours à des obligations en 
matière de marge et de décote sur certains produits financiers. 
    "Fixer des marges et des décotes de manière prudente ou 
contracyclique pourrait contribuer à contenir une accumulation 
excessive d'effet de levier", a dit Mario Draghi, ajoutant que 
ces mesures permettraient aussi d'améliorer la stabilité 
financière en réduisant les risques de cercles vicieux en 
matière de liquidité.  
    Le président de la BCE a par ailleurs écarté l'argument 
selon lequel la politique monétaire de l'institution, et 
notamment le recours à des taux d'intérêt négatifs, serait la 
principale explication à la dégradation de la rentabilité des 
banques.  
    "Les surcapacités dans certains secteurs bancaires nationaux 
et l'intensité de la concurrence qui en découle exacerbent ces 
pressions sur les marges", a-t-il dit. "De telles surcapacités 
signifient aussi que le secteur n'opère pas dans un cadre 
efficace, ce qui constitue l'une des explications au fait que 
les ratios d'exploitation restent élevés dans certains pays." 
   
 
 (Balazs Koranyi; Marc Angrand pour le service français) 
 
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  • M8842851 il y a 3 mois

    "Les surcapacités dans certains secteurs bancaires nationaux et l'intensité de la concurrence qui en découle exacerbent ces pressions sur les marges", Et quelle est la cause de cette surcapacité M Draghi ?

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