Draghi souligne la montée des risques avant la réunion de mars

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 (Actualisé avec précisions, nouvelles citations) 
    FRANCFORT, 1er mars (Reuters) - Les perspectives de 
croissance et d'inflation de la zone euro se sont altérées et la 
Banque centrale européenne (BCE) devra en tenir compte la 
semaine prochaine à l'occasion de sa réunion de politique 
monétaire, a déclaré mardi son président, Mario Draghi. 
    L'inflation dans la zone euro est devenue négative en 
février, décevant des attentes qui étaient déjà faibles et 
confortant l'hypothèse de nouvelles mesures de soutien au crédit 
le 10 mars prochain à l'issue du Conseil des gouverneurs de 
l'institution, qui réexaminera la politique monétaire de 
l'institution.   
    "La revue doit être considérée dans le contexte d'une 
augmentation des risques baissiers sur les prévisions 
antérieures, sur fond d'incertitude accrue au sujet des 
perspectives de croissance des économies émergentes, de 
volatilité des marchés financiers et de matières premières et de 
risques géopolitiques", a écrit Mario Draghi, dans une lettre à 
un député européen datée du 1er mars. 
    "Dans ce contexte, la dynamique inflationniste dans la zone 
euro reste plus faible qu'attendu", ajoute-t-il.  
    Les indices PMI des directeurs d'achats et plusieurs 
indicateurs du sentiment économique ont tous surpris dans le 
mauvais sens du terme ces derniers temps. Parallèlement, 
l'inflation de base, qui fait abstraction des prix alimentaires 
et énergétiques, a fléchi, ce qui laisse penser que la chute des 
cours pétroliers se répercute progressivement sur les prix 
d'autres biens et services, créant ce que l'on appelle des 
effets de second tour, susceptibles de pérenniser une inflation 
quasi inexistante. 
    Dans sa lettre, Mario Draghi explique que la réunion du 
Conseil des gouverneurs de mars inclura une analyse plus 
détaillée des possibles effets de second tour du tassement de 
l'inflation et il ajoute que la BCE n'hésitera pas à agir en cas 
de besoin. 
    "Le Conseil des gouverneurs dispose de toute une panoplie 
d'instruments pour réagir, si nécessaire, et il n'y a aucune 
limite au déploiement de ces instruments dans le cadre de notre 
mandat pour atteindre notre objectif d'une inflation inférieure 
à mais proche de 2% à moyen terme", poursuit Mario Draghi. 
    Il semble acquis aux yeux des économistes que la BCE 
abaissera encore son taux de dépôt, de 10 points de base, à 
-0,4% le 10 mars mais les observateurs sont partagés sur les 
autres mesures possibles. 
    Certains prédisent une augmentation du montant mensuel des 
actifs rachetés dans le cadre de son programme d'assouplissement 
quantitatif, actuellement de 60 milliards d'euros par mois, mais 
d'autres n'anticipent que des modifications techniques tandis 
qu'une troisième catégorie s'attend à la mise en oeuvre d'un 
système de taux de dépôt à plusieurs niveaux. 
     
 
 (Balazs Koranyi; Marc Angrand et Wilfrid Exbrayat pour le 
service français) 
 
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