Draghi défend la politique de la BCE face aux députés allemands

le , mis à jour à 19:41
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 (Actualisé avec précisions, nouvelles déclarations) 
    par Michael Nienaber et Matthias Sobolewski 
    BERLIN/FRANCFORT, 28 septembre (Reuters) - Le président de 
la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a rejeté mercredi 
les critiques allemandes contre la politique monétaire 
ultra-accommodante de la BCE en affirmant que les taux d'intérêt 
négatifs étaient une nécessité et en appelant les Etats, 
Allemagne incluse, à assumer leur part du soutien à la 
croissance.  
    Devant la commission des Affaires européennes du Bundestag, 
il a assuré que les Allemands bénéficiaient eux aussi de la 
politique menée par la banque centrale et ajouté que des 
initiatives des gouvernements, dont celui d'Angela Merkel, 
constituaient une condition préalable à la remontée des taux.  
    Les relations entre la BCE et les milieux politiques 
allemands se sont tendues ces dernières années, Berlin 
critiquant de plus en plus ouvertement la politique monétaire 
menée sous l'autorité de Mario Draghi, qui conjugue des taux 
historiquement bas et des achats massifs de titres sur les 
marchés destinés à faire baisser le coût du crédit. 
    De nouveaux signes de tension sont apparus récemment face à 
la perspective d'une nouvelle amplification du soutien de la BCE 
à l'économie de la zone euro et à ses appels du pied répétés à 
l'Allemagne, en excédent budgétaire, pour qu'elle augmente la 
dépense publique.  
    "Au final, les épargnants, les salariés, les entrepreneurs, 
les retraités et les contribuables de la zone euro, y compris en 
Allemagne, se portent mieux grâce à nos décisions, aujourd'hui 
et demain", a dit Mario Draghi aux députés allemands à la veille 
d'un tête-à-tête avec la chancelière.  
    "Ce dont nous avons besoin pour l'instant, c'est de 
permettre à nos décisions de produire entièrement leur effet." 
     
    AVERTISSEMENT AUX DÉPUTÉS 
    Les taux négatifs pratiqués par la BCE sont régulièrement 
accusés, en Allemagne, de menacer la stabilité financière, de 
pénaliser l'épargne, de déstabiliser les banques et de 
récompenser la mauvaise gestion de certains Etats de la zone 
euro.  
    "En fait, certains éléments montrent qu'entre 2008 et 2015, 
les intérêts payés par les foyers allemands, en pourcentage du 
revenu disponible brut, ont baissé davantage que les intérêts 
perçus", a dit Mario Draghi.  
    "Bien sûr, des taux d'intérêt bas pendant une longue période 
peuvent impliquer un risque de surévaluation des actifs en 
raison de la recherche de rendement. Mais pour l'instant, nous 
n'observons aucune surchauffe dans la zone euro ou dans 
l'économie allemande dans son ensemble." 
    Les appels de la BCE à une augmentation de la dépense 
publique sont mal perçus en Allemagne, où l'équilibre des 
finances publiques est la pierre angulaire de la politique 
budgétaire d'Angela Merkel et surtout de son ministre des 
Finances, Wolfgang Schäuble.  
    Mais Mario Draghi a averti les députés que des attaques 
répétées visant la BCE pourraient la forcer à prendre de 
nouvelles mesures si elles nuisaient à l'efficacité de celles 
déjà en vigueur, ont rapporté des membres de la commission.  
    Il ne semble pas pour autant avoir convaincu tous ses 
interlocuteurs de mettre une sourdine à leurs critiques.  
    "Ce qui a également été débattu, c'est le fait qu'une 
politique de taux d'intérêt bas équivaut à un plan de sauvetage 
déguisé alors que le Bundestag allemand n'a jamais donné son 
accord pour cela", a ainsi déclaré Gunther Kirchbaum, le 
président de la commission des Affaires européennes.  
 
 (Balazs Koranyi et Francesco Canepa; Marc Angrand pour le 
service français) 
 
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