Draghi-Agir trop tard sur l'inflation n'est pas sans risque

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 (Actualisé avec des précisions) 
    FRANCFORT, 4 février (Reuters) - Le risque d'agir trop tard 
sur une inflation très faible est plus grand que celui d'agir 
trop tôt et une attitude attentiste pourrait entraîner une perte 
de confiance durable, estime Mario Draghi, le président de la 
Banque centrale européenne (BCE), laissant supposer qu'un 
nouveau coup de pouce monétaire pourrait s'imposer. 
    Adopter une attitude attentiste en raison de la chute des 
cours pétroliers et laisser une inflation très faible 
s'enraciner dans l'économie affecteraient les anticipations à 
long terme et saperaient la confiance accordée à la banque 
centrale, ce qui déboucherait sur une inflation qui faiblirait 
de manière constante, a expliqué Mario Draghi 
    "Si cela se produisait, il faudrait une politique monétaire 
bien plus accommodante pour renverser la tendance", a-t-il dit, 
à l'occasion d'une conférence donnée dans les locaux de la 
Bundesbank, la banque centrale allemande."De ce point de vue, le 
risque d'agir trop tard l'emporte sur celui d'agir trop tôt". 
    L'institut d'émission a mis en avant la perspective d'un 
nouvel assouplissement dès mars et les investisseurs comptent 
déjà sur une réduction du taux des dépôts et sur un éventuel 
ajustement de son programme d'assouplissement quantitatif (QE). 
    La BCE vise une inflation d'un petit peu moins de 2% mais 
cela fait trois ans que l'indicateur économique évolue nettement 
au-dessous de cet objectif et la situation n'est pas près de 
changer au vu du caractère désinflationniste de prix pétroliers 
bas, d'une croissance économique molle, d'un crédit amorphe et 
d'une croissance salariale modeste dans la zone euro. 
    "Si nous ne capitulons pas face à une inflation basse, et il 
est hors de question que nous le fassions, elle reviendra à des 
niveaux compatibles avec notre objectif", a poursuivi Mario 
Draghi. 
    Dans son bulletin économique publié jeudi, la BCE observe 
que, sur la base des cours pétroliers du moment, "la trajectoire 
prévisible de l'inflation annuelle en 2016 est bien plus basse 
que ce qui était attendu au début décembre 2015".  
    "On s'attend à ce que les taux d'inflation restent très bas, 
voire deviennent négatifs, dans les mois qui viennent pour ne se 
redresser que plus tard en 2016". 
    Quant à la croissance économique mondiale, elle est modérée 
et inégale et la reprise de la zone euro reste portée par la 
consommation privée mais est aussi retenue par un ralentissement 
de la croissance des exportations, note la BCE.     
    Mario Draghi a enfin démenti que la banque centrale soit à 
cours d'instruments de politique monétaire et ajoute qu'elle 
doit accepter le risque de recourir à certains d'entre eux qui 
ne sont pas conventionnels. 
    "Il est hors de doute que si nous devions adopter une 
politique plus accommodante, les risques d'effets secondaires ne 
nous dissuaderaient pas", a dit le président de la BCE. "Nous 
nous attachons toujours à limiter les distorsions causées par 
notre politique mais la priorité reste l'objectif de stabilité 
des prix". 
 
 (Balazs Koranyi, Francesco Canepa et John O'Donnell, Wilfrid 
Exbrayat pour le service français, édité par Benoît Van 
Overstraten) 
 
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  • patydoc le jeudi 4 fév 2016 à 10:55

    Comment peut on avoir donné autant de pouvoirs à ce bandit qui détruit notre monnaie, avec la complicité des medias et des banques ?

  • wanda6 le jeudi 4 fév 2016 à 10:49

    " Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne, est l’ancien vice-président Europe de la banque Goldman-Sachs. Il a masqué au Parlement européen son rôle dans les malversations opérées par la banque pour le compte du gouvernement grec, pourtant attesté par des documents de la banque "