Dr Thatcher and Mrs May

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Theresa May, le 28 juillet à Bratislava.
Theresa May, le 28 juillet à Bratislava.

La nouvelle locataire du 10 Downing Street se trouve face à un dilemme : défendre les intérêts de la City ou respecter la volonté des électeurs ? De quoi rendre floue la définition même du « Brexit ».

Sous prétexte qu’elle est cassante, femme et conservatrice, Theresa May est invariablement comparée à Margaret Thatcher depuis son entrée à Downing Street. Assurément, la nouvelle première ministre sait jouer les « dames de fer » pour séduire les tories et leur faire oublier leur division ravageuse sur le Brexit.

Tout le monde a noté qu’elle a repris le langage corporel de « Maggie » lorsqu’elle s’est penchée en avant vers le chef de l’opposition Jeremy Corbyn pour lui asséner une rosserie lors de leur premier face-à-face aux à la Chambre des communes, le 20 juillet. Répondant au leader travailliste qui avait eu la maladresse de l’interroger sur la précarité de l’emploi et les « patrons voyous » alors que les députés de son propre parti cherchent à le congédier, elle a ironisé : « Un patron qui n’écoute pas ses salariés, un patron qui manipule les règles pour se maintenir au pouvoir… ça ne vous rappelle personne ? » Le mouvement du buste soulignant le mépris était si thatchérien qu’il donnait à cette dernière phrase un double sens : « Je ne vous rappelle personne ? » Si : Margaret Thatcher.

Singapour européen Pourtant, considérées littéralement, les premières déclarations de Mme May tranchent avec l’ultralibéralisme de la « Dame de fer », qui a cassé la puissance publique britannique et les syndicats dans les années 1970 et 1980. « Nous ne croyons pas seulement en les marchés mais aussi en les communautés locales, a lancé Mme May en guise de profession de foi. Pas seule...

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