Douze réfugiés syriens quittent Lesbos en compagnie du pape

le , mis à jour à 16:21
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    * Trois familles, tirées au sort, partent pour Rome avec le 
pape 
    * La communauté Sant'Egidio sera chargée de s'occuper 
d'elles à Rome 
    * Le saint-père était accompagné de dignitaires orthodoxes 
 
    par Karolina Tagaris  et Philip Pullella 
    LESBOS, Grèce, 16 avril (Reuters) - Le pape François est 
reparti samedi de l'île grecque de Lesbos, placée en première 
ligne dans la crise migratoire qui secoue l'Europe, en emmenant 
à Rome, à bord de son avion, trois familles de réfugiés syriens. 
    "Le pape a souhaité adresser un signe d'accueil aux 
réfugiés, en regagnant Rome accompagné de trois familles de 
réfugiés syriens, soit 12 personnes au total, dont dix enfants", 
a déclaré le Vatican dans un communiqué. 
    Les familles habilitées à accompagner le souverain pontife 
ont été choisies par tirage au sort, ont rapporté des médias. 
Elles se trouvaient dans des camps d'accueil sur l'île de Lesbos 
avant qu'un accord conclu entre l'UE et la Turquie soit entré en 
vigueur le 20 mars dans le but de freiner le flot de migrants 
traversant la mer. 
    La communauté chrétienne de Sant'Egidio, dont le siège se 
trouve à Rome, s'occupera des trois familles de réfugiés. 
    Le chef de l'Eglise catholique avait été accueilli à son 
arrivée à Lesbos dans la matinée par le Premier ministre grec, 
Alexis Tsipras. François était accompagné pour ce déplacement 
très symbolique par le chef spirituel de l'Eglise orthodoxe, le 
patriarche de Constantinople Bartholomée, et par Hiéronyme II,  
chef de l'Eglise orthodoxe grecque.  
    "Les réfugiés ne sont pas des nombres, ce sont des personnes 
: ils sont des visages, des noms, et ils doivent être traités 
comme tels", a écrit le pape, samedi matin, sur son compte 
Twitter. 
    François a souvent pris la défense des réfugiés et encouragé 
les paroisses catholiques à les accueillir. Quelques mois après 
son élection, en 2013, il avait effectué son premier déplacement 
pontifical sur l'île sicilienne de Lampedusa qui, tout comme 
Lesbos aujourd'hui, accueillait alors des milliers de réfugiés. 
     
    DES COURONNES DE FLEURS A LA MER 
    "Je tiens à vous le dire, vous n'êtes pas tout seuls!", a 
déclaré le pape aux migrants dans le camp d'accueil de Moria, où 
ont été installées 3.000 personnes. 
    "Liberté! Liberté!", ont scandé les migrants alors que 
François traversait le camp à pied, sous un fort soleil. 
    "En tant que croyants, nous souhaitons unir nos voix pour 
parler en votre nom. Ne perdez pas espoir!", a ajouté le pape 
dans son discours. 
    A au moins trois occasions, durant sa visite du camp, des 
migrants se sont agenouillés aux pieds du pape, en pleurant et 
en implorant de l'aide. Une femme portant un crucifix a trompé 
la surveillance du cordon policier et s'est jetée aux pieds du 
pape. "Plus de camp, plus de camp!", disait cette femme, qui 
semblait avoir autour de 30 ans. "Je veux partir!" 
    François et les dignitaires orthodoxes, après avoir 
rencontré des migrants dans le camp, ont lancé des couronnes de 
fleurs à la mer, à la mémoire de tous ceux qui sont morts en 
tentant la traversée de la Turquie vers la Grèce. Ils sont 
restés là un moment, en silence, tête inclinée, tandis que les 
gerbes de fleurs jaunes et blanches dansaient sur les eaux. 
    Depuis le début de l'année, selon les chiffres de 
l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), 375 
personnes ont trouvé la mort en tentant la traversée entre la 
côte turque et les îles grecques de la mer Egée. A Lesbos, de 
nombreuses tombes sont anonymes. 
     
    LE RAPPROCHEMENT ENTRE ÉGLISES CHRÉTIENNES 
    A bord de l'avion le transportant vers la mer Egée, François 
avait confié combien ce voyage était "un peu différent des 
autres". "C'est un voyage marqué par la tristesse", avait-il dit 
à la presse accréditée. "Nous allons à la rencontre de l'une des 
plus graves catastrophes humanitaires depuis la Seconde Guerre 
mondiale, nous allons voir de nombreuses personnes qui 
souffrent, qui ne savent pas où aller, qui ont dû fuir. Nous 
allons aussi dans un cimetière, la mer." 
    L'accord entré en vigueur entre Ankara et l'UE le 20 mars, 
censé endiguer l'afflux de réfugiés vers l'Europe, prévoit que 
les personnes arrivées illégalement sur les îles grecques de la 
mer Egée seront renvoyées en Turquie si leur demande d'asile est 
rejetée.  ID:nL5N16E0ED  
    Jusqu'à présent, 325 personnes qui n'avaient pas déposé de 
demande d'asile ont été renvoyées vers la Turquie. Le 
gouvernement grec s'est donné deux semaines pour répondre aux 
demandes d'asile.  ID:nL5N17F2Y9  
    Dans un rapport publié au début du mois, Amnesty 
International a dénoncé les conditions "effroyables" dans 
lesquelles migrants et réfugiés vivent à Lesbos et dans l'île de 
Chios.  ID:nL5N17A5ZG  
    Au-delà de son aspect humanitaire, cette visite avait aussi 
pour but de favoriser le rapprochement entre Eglises catholique 
et orthodoxe. François a déjà rencontré le chef de l'Eglise 
orthodoxe russe, le patriarche Cyrille, à l'occasion de son 
voyage à Cuba en février, une première depuis le Grand Schisme 
de 1054.    
    La venue annoncée du pape a été l'occasion d'un grand 
nettoyage sur l'île, témoignent les organisations humanitaires. 
Plusieurs dizaines de migrants ont été transférés de Moria vers 
un centre où le pape ne se rendra pas, les murs ont été 
consolidés et repeints. "A défaut d'autre chose, la visite du 
pape offrira à la moitié des prisonniers de meilleures 
conditions de vie pendant quelques jours", a déclaré Alison 
Terry-Evans, qui dirige Dirty Girls, une ONG qui s'occupe de 
laver les vêtements des réfugiés. 
 
 (Jean-Stéphane Brosse, Henri-Pierre André et Eric Faye pour le 
service français) 
 
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  • M940878 il y a 9 mois

    vont pas être logés au Vatican , mais nous on s'en paie 200000 par an