Douze pompiers mis en examen, l'un d'eux incarcéré pour viol

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Douze pompiers mis en examen, l'un d'eux incarcéré pour viol
Douze pompiers mis en examen, l'un d'eux incarcéré pour viol

PARIS (Reuters) - Douze pompiers de Paris ont été mis en examen samedi pour le viol présumé d'un de leurs camarades lors d'un bizutage dans un bus au retour d'une compétition sportive, et celui qui est soupçonné d'en être l'auteur principal a été placé en détention provisoire, a-t-on appris de source judiciaire.

Les onze autres pompiers, en garde à vue depuis trois jours, ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire. Quatre sont mis en examen pour "viol en réunion" et neuf pour "violence volontaire aggravée". Ils sont passibles de la cour d'assises.

A l'exception de la libération des trois co-auteurs présumés du viol, ces décisions sont conformes aux réquisitions du parquet.

L'incrimination de "non-empêchement de crime ou de délit" a également été retenue à l'encontre d'un capitaine et d'un entraîneur suspectés d'avoir laissé se dérouler les faits.

Outre la victime du viol présumé, la plainte d'un autre jeune homme qui dit avoir été passé à tabac a été retenue et jointe aux poursuites.

Les auditions des douze pompiers ont duré jusqu'à tard dans la soirée de vendredi.

L'affaire est la plus grave ayant touché la prestigieuse Brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP), unité d'élite créée en 1811 sous Napoléon, au statut militaire et professionnel, une exception en France avec Marseille.

L'avocat des deux victimes présumées, Nicolas Cellupica, a estimé que la hiérarchie des pompiers avait étouffé d'autres affaires du même type depuis des années.

"Ces bizutages, ces barbaries, existent depuis des années mais elles sont tues, elles sont passées sous silence, y compris jusqu'au plus haut niveau de la hiérarchie", a-t-il déclaré à la presse sur les marches du palais de justice de Paris.

Les faits présumés constitueraient selon les témoins une sorte de rituel d'initiation violent pratiqué sur une jeune recrue qui a porté plainte après ce qu'il dit avoir subi dimanche au retour d'une exhibition sportive en Alsace.

Il explique avoir été dévêtu, frappé et violé au moyen d'une bouteille.

Régis Méliodon, l'avocat de deux des pompiers mis en examen, dont celui qui l'est pour viol présumé, a déclaré samedi que ses clients avaient conscience de la gravité des faits tout en niant l'existence d'un viol.

"Vous dire qu'ils sont désespérés, c'est un euphémisme", a-t-il dit sur Europe 1. "Ils n'arrivent pas véritablement à comprendre pourquoi ça a dégénéré. C'est peut-être l'effet de groupe, peut-être aussi l'alcool."

"Après, pour eux il n'y a pas eu viol", a-t-il ajouté.

Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse

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