Douze pays demandent à Pékin de libérer des militants emprisonnés

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    GENÈVE, 10 mars (Reuters) - Douze pays ont critiqué jeudi 
devant le Conseil des droits de l'homme de l'Onu la répression 
en cours en Chine dans les milieux dissidents et demandé à Pékin 
de libérer les activistes, chinois et étrangers, actuellement 
sous les verrous. 
    "Ces actes sont contraires au droit chinois et aux 
engagements de la Chine devant la communauté internationale", a 
estimé Keith Harper, ambassadeur des Etats-Unis à l'Onu à 
Genève, qui a lu la déclaration au nom des douze pays (les 
Etats-Unis, l'Australie, le Japon et neuf Etats d'Europe du Nord 
dont l'Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas ou la Suède).  
    "Ces actes extraterritoriaux sont inacceptables, contraires 
aux attentes de la communauté internationale, et ils 
représentent un défi pour l'ordre international(...)", lit-on 
dans la déclaration. 
    La Chine a vigoureusement rejeté les critiques la visant et 
pointé du doigt les Etats-Unis. 
    "Les Etats-Unis sont connus pour les abus commis à la prison 
de Guantanamo, pour les violences par armes à feu, le malaise 
aux racines profondes qu'est le racisme", a déclaré devant le 
Conseil le diplomate chinois Fu Cong. 
    "Les Etats-Unis se livrent à des écoutes à grande échelle en 
dehors de leurs frontières, recourent à des drones pour attaquer 
des civils innocents dans des pays tiers, et leurs troupes 
commettent en territoire étranger des viols et des meurtres 
contre les populations locales", a-t-il continué. 
    Le diplomate chinois a aussi reproché au Japon de s'être 
associé à cette déclaration, l'accusant de nier sa 
responsabilité dans l'enrôlement de 100.000 "femmes de 
réconfort" (prostituées pour l'armée impériale) dans les pays 
asiatiques durant la Seconde Guerre mondiale. 
    Keith Harper a lu la déclaration juste après le principal 
discours annuel prononcé devant le Conseil par Zeid Ra'ad al 
Hussein, Haut commissaire des Nations unies aux droits de 
l'homme. 
    Sophie Richardson, directrice pour la Chine au sein de l'ONG 
Human Rights Watch, a souligné que la déclaration des 12 pays 
représentait le premier message commun concernant la Chine en 
dix ans d'existence du Conseil. 
    "Cette déclaration montre que si le président Xi (Jinping) 
pense qu'il peut éliminer l'opposition dans son pays, la 
communauté internationale se tient aux côtés des défenseurs des 
droits de l'homme qui sont inquiétés en Chine", a-t-elle 
déclaré. 
 
 (Tom Miles et Stéphanie Nebehay; Eric Faye pour le service 
français) 
 
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