Douze morts dans un attentat à Tunis, l'état d'urgence décrété

le , mis à jour à 21:57
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 (Actualisé avec état-d'urgence décrété et contexte) 
    par Tarek Amara 
    TUNIS, 24 novembre (Reuters) - Un attentat a fait au moins 
douze morts mardi à Tunis dans un bus de la garde présidentielle 
à bord duquel un kamikaze avait sans doute pris place, a-t-on 
appris auprès des autorités et de source proche de la 
présidence.  
    L'état d'urgence, qui avait été levé le mois dernier, a été 
à nouveau décrété et un couvre-feu est en vigueur jusqu'à 05h00 
mercredi dans la capitale, a annoncé le président Beji Caïd 
Essebsi.  
    Des ambulances ont afflué sur les lieux de la déflagration, 
qui s'est produite avenue Mohamed V, l'un des grands axes de la 
capitale tunisienne, non loin du ministère de l'Intérieur.  
    La Tunisie avait déjà été le théâtre de deux attentats 
revendiqués par l'Etat islamique, qui ont affecté le secteur 
touristique, l'un des piliers de l'économie nationale.  
    En juin, un tireur a abattu 38 étrangers sur une plage et 
dans un hôtel de Sousse, ce qui avait conduit à l'instauration 
de l'état d'urgence, et, en mars, plusieurs individus ont tué 21 
touristes au musée national du Bardo, à Tunis.  
    Mardi, l'explosion s'est produite alors que les gardes 
prenaient place dans le bus qui devait les conduire au palais 
présidentiel, en bordure de la ville. Il s'agit probablement 
d'un attentat suicide commis à l'intérieur du véhicule, dit-on 
de source proche de la présidence.  
    "Je montais dans ma voiture, avenue Mohamed V, quand une 
énorme explosion s'est produite. J'ai vu le bus voler en éclats. 
Il y avait des corps et du sang partout", a rapporté un témoin 
nommé Bassem Trifi.  
     
    "LE MÊME COMBAT À TUNIS ET À PARIS" 
    Outre les douze gardes tués, 17 ont été blessés, dit le 
ministère de l'Intérieur dans un communiqué. Le président a 
annulé la visite en Europe qu'il devait effectuer mercredi.  
    "La France est plus que jamais aux côtés de la Tunisie, de 
ses autorités et de ses forces de sécurité, dans ces moments 
douloureux", dit l'Elysée dans un communiqué. "A Tunis comme à 
Paris, c'est le même combat pour la démocratie contre 
l'obscurantisme", souligne la présidence, évoquant les attentats 
du 13 novembre. 
    L'avenue Mohamed V est une artère très fréquentée aussi bien 
par les automobilistes que par les piétons. On y trouve 
plusieurs hôtels ainsi que des banques.   
    La Tunisie fait figure d'exemple en matière de transition 
démocratique pour d'autres pays ayant vécu le "printemps arabe", 
tels que la Libye voisine. Trois mille de ses ressortissants 
auraient toutefois rejoint les groupes islamistes armés en Syrie 
depuis 2011, ce qui en fait l'un des principaux pourvoyeurs de 
djihadistes étrangers engagés dans les combats. Plusieurs 
centaines d'entre eux sont rentrés. 
    En septembre, sur la foi de renseignements, le gouvernement 
avait évoqué un risque d'attentat à la voiture piégée dans la 
capitale, dont une partie avait été fermée à la circulation. Il 
y a une semaine, Tunis avait en outre annoncé l'arrestation de 
17 djihadistes qui s'apprétaient à commettre un attentat 
d'envergure contre des hôtels et des commissariats. 
 ID:nL8N13C1E5  
 
 (Nicolas Delame, Eric Faye et Jean-Philippe Lefief pour le 
service français) 
 
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