Doux va pouvoir vendre une usine à un groupe allemand

le
0

RENNES (Reuters) - Le tribunal de commerce de Quimper (Finistère) a autorisé mardi la vente de l'usine Stanven, du groupe agroalimentaire Doux, à la société Saria, filiale du groupe allemand Rethmann, a annoncé un porte-parole de la direction du volailler français.

Bouffée d'oxygène pour le fonctionnement à court terme du volailler, placé en redressement judiciaire depuis le 1er juin, le montant de la vente s'élève à 22 millions d'euros brut, soit une rentrée nette de 19 millions d'euros pour Doux, utilisables à partir de jeudi 28 juin, a t-on précisé de même source.

"Cette cession permet au groupe Doux de diviser par plus de deux ses besoins bancaires pendant la période d'observation", souligne dans un communiqué la direction du volailler, lancé dans une course contre la montre pour trouver des fonds lui permettant de poursuivre son activité.

Basée à Plouray, dans le Morbihan, la société Stanven fabrique des produits destinés à l'alimentation d'animaux domestiques à partir de protéines de volaille et était considérée par Doux comme une unité non stratégique.

Stanven traite en moyenne 70.000 tonnes de matières premières par an et emploie 22 salariés.

"L'objectif de l'acquéreur est de reprendre l'ensemble du personnel à l'issue d'une période transitoire", a précisé l'ancien leader européen de la volaille.

Vendredi, l'un des administrateurs judiciaires chargé du redressement avait annoncé le lancement d'un appel d'offres pour la vente du groupe Doux, privilégiant une reprise globale.

Qualifiant cette mesure de "conservatoire", la direction de Doux, qui privilégie un plan de continuation à un plan de cession, a formellement démenti toute intention de "vente à la découpe" et d'un démantèlement du groupe.

Dirigé par Charles Doux, qui détient 35% de son capital, le groupe Doux fait face à un endettement financier qui s'élevait en 2010 à près de 434 millions d'euros, auxquels se sont ajoutés depuis un an et demi les créances dues à ses fournisseurs.

Faute de trésorerie suffisante, le fonctionnement de plusieurs sites, tels l'usine Père Dodu de Quimper où l'usine d'abattage de Châteaulin, dans le Finistère, ont connu d'importantes perturbations ces dernières semaines.

Le groupe Doux emploie 3.400 personnes dont environ 2.000 dans l'ouest de la France et travaille avec près de 800 éleveurs sous contrat.

Pierre-Henri Allain, édité par Patrick Vignal et Gilles Trequesser

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant