Doux refuse l'offre de rapprochement de Tilly-Sabco

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DOUX DIT NON À TILLY-SABCO
DOUX DIT NON À TILLY-SABCO

GUERLESQUIN, Finistère (Reuters) - Le PDG de la société de poulets exportés Tilly-Sabco, Daniel Sauvaget, a estimé lundi que seul un rapprochement avec son concurrent breton Doux pouvait sauver la filière avicole bretonne et pérenniser cette filière en France.

Mais le volailler Doux a immédiatement opposé une fin de non-recevoir à cette offre, estimant que les deux entreprises étaient confrontées à des problématiques différentes.

"Il faut qu'on reformate la filière sur les outils du Finistère pour que les pouvoirs publics négocient à Bruxelles un soutien dégressif sur les cinq ou six prochaines années", a dit Daniel Sauvaget lors d'une visite de l'usine Tilly-Sabco de Guerlesquin.

"L'enjeu, c'est l'avenir de l'aviculture en Bretagne", a estimé le PDG de Tilly-Sabco, selon lequel un "rapprochement" avec Doux est indispensable. "Les choses progressent en ce sens."

Pour Doux, où le fonds d'investissement Calmes doit devenir majoritaire dans le cadre du plan de continuation de l'entreprise, ce rapprochement n'est pas une bonne idée.

"Ce n'est pas à l'ordre du jour et une telle alliance buterait sur la différence entre les modèles d'entreprises, intégré pour Doux et externalisé pour Tilly-Sabco", a dit le volailler dans un communiqué. "La problématique de marchés est la même mais la problématique des entreprises est différente."

La filière représenterait quelque 4.000 emplois dans le Finistère, une région touchée par la fermeture du site principal des abattoirs de GAD Sas.

Depuis la fin des restitutions destinées au poulet export décidée par la commission européenne en juin dernier, ses deux principaux bénéficiaires en Europe, Doux et Tilly-Sabco, doivent faire face à des difficultés qui s'ajoutent à la crise de l'agroalimentaire en Bretagne.

Face à cette décision, Tilly-Sabco, qui emploi 340 personnes à Guerlesquin, a baissé de 40% ses volumes de production depuis le 1er octobre.

Le PDG de Tilly-Sabco a précisé que la filière bretonne de poulet export était aujourd'hui en danger compte tenu de la fin "brutale" des restitutions mais aussi en raison de la concurrence brésilienne dont la monnaie bénéficie notamment d'une parité plus favorable que l'euro avec le dollar.

"Les prix se sont effondrés, on a perdu 30% de rémunération", a t-il indiqué, jugeant que le sauvetage de la filière était désormais une question de semaines.

Le PDG de Tilly-Sabco, qui vient d'investir 4 millions d'euros dans une nouvelle unité de fabrication de saucisse de poulet, a également affirmé lundi la volonté de diversification de son entreprise pour répondre aux problèmes de la filière.

Pierre Henri Allain, édité par Yves Clarisse

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